Entre les beaux jours sous les pommiers en fleur, les sourires chaleureux et la musique tendre, l'enfance de Dai Ji se contempla dans la beauté et la douceur d'une famille aimante et heureuse. Hui Se Shi, sa ville natale ; une perle de paix, accrochée au lit de la mer, si loin de ce qu'elle est devenue aujourd'hui...
Cette jeune femme au teint glacé et au regard assombri par la mort, les mains tachées par le sang de ses semblables, ne vous accordera que peu d'intérêt si vous ne portez pas comme elle une haine vicérale envers ces monstres hideux tombés du ciel, les Anges. Elle les hait, elle les déteste, elle les maudit, elle souhaite leur mort, des souffrances plus atroces que tout ce que l'Homme à pu faire dans l'Histoire entière de l'Humanité. Chaque parcelle de son être ne survie que dans cette seule idée ; anéantir complètement ces atrocitées.
Comme toute citoyenne de la Fédération d'Asie, Dai Ji dûe suivre son service militaire lorsque ses seize ans s'accrochèrent à elle. Sous la faiblesse de son corps gâté par la paix d'une enfance tranquille, elle fut rapidement confinée aux tâches administratives. Deux années bien tranquilles à servir ses supérieurs, derrière un comptoir du bâtiment des registres. Dès la fin de son service militaire, elle revint à Hui Se Shi, reprendre le cours de sa vie, retrouver ses parents, ses frères et sœurs, ses voisins chaleureux et ses amis qui l'attendaient depuis longtemps. Peu encline à se laisser bercer par les préjugés nationalistes, elle ne portait aucune haine envers la United-Nation ; chacun ses défauts et ses crimes, personne n'est exempt de faute, ni la Croix-Unie ni la Fleur-Fédérée.
Elle aurait pu devenir une jeune femme modèle, douce et tendre... s'il ne s'était pas manifesté.
Dai Ji Seok est l'une des rares rescapées du 30 Juillet 2054, le jour fatidique où l'Ange Sitael se manifesta et réduisit en poussière la moindre parcelle de cette ville qu'elle chérissait tant. Le sang, les cris, les pleures, la douleur... les visages maculés de peur et de souffrance, d'incompréhension, comme si la Terre ravalait les êtres putrides qu'elle avait, jadis, crachée à sa surface. Blessée, exténuée, entre les bombardements de l'armée fédérée et les immeubles en feu, les corps déchiquetés jetés un peu partout comme de vulguaires déchets, Dai Ji l'observa, clairement... la chose .
Retrouvée catatonique par des sauveteurs, la jeune femme ne cessa, les jours suivant alors qu'elle fut hospitalisée à l'Hôpital Général de Jiejing, de hurler, répétant sans arrêt la même chose ; "une masse de chair, une masse de chair". Car ce qu'elle vit, ce jour-là, sous la croûpe d'un monstre, dans une rue ravagée, ce qu'elle vit... son cerveau ne voulait pas l'assimiler ; une masse humanoïde se déplaçait, lentement, couvert de sang et d'entrailles. Une masse de chair hideuse, répugnante... Une masse de chair qu'elle assimile à l'Ange, le destructeur, l'immondice qui lui arracha sa ville, sa famille ; tout ce qu'elle chérissait depuis sa tendre enfance.
Bien sûr, personne ne la prend au sérieux. "Une masse de chair" ? Et quoi d'autre ?
N'allez pas lui dire qu'elle a tord. N'allez pas lui dire qu'elle est folle. Non, elle ne l'ait pas. Elle sait ce qu'elle a vue, elle le sait, un point c'est tout. Elle a tendance, malgré ses airs éthérés, à s'emporter violemment lorsqu'on la définie comme une folle, comme une dérangée. Tout ce qu'elle perdit, ce jour-là, n'est pas attribués à sa folie mais à la monstruosité d'un être sans âme, Sitael. Elle n'est pas folle. Enfin... pas en ce qui concerne la vision qu'elle eue, dans l'après-midi du 30 Juillet 2054 ; elle en est bien certaine. Le sang qui coule dans ses veines ne connaîtra de repos que lorsqu'elle aura éradiquer cette vermine, ces Anges qui ont détruit sa vie.
Mais... et si elle avait raison ? Si cette masse de chair s'était réellement promenée dans les rues de Hui Se Shi le jour où Sitael s'était manifesté ; quelles en seraient les conséquences ? Se pourrait-il que l'évènement du troisième Ange ne soit pas le seul ? Et si elle avait raison, si elle n'était pas si... "folle" qu'on le prétend ?
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Il contient en lui tout ce qui est et il est comme le grand Vide. Il manifeste les dix milles choses et ressemble par là à la grande Terre Productrice. Quelle chose n’y serait pas contenue ?