
FORUM DE LA V1 DU JEU FERMÉ |
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 | Sujet: Une seule bière ? 01.02.12 16:37 | |
| Qu’est-ce qu’il faut faire ? Une personne dont on ne sait rien menace votre famille, votre nid douillet. On vous accuse d’avoir mené vos hommes à leurs pertes. La famille de ses derniers vous accuse tout autant et vous adresse autant de haine que possible. Que faire ? Vous n’étiez pas là. Dans les deux cas, votre absence vous a mis sous le nez. Pas à la maison à prendre soin des deux femmes de sa vie, pas sur le champ de bataille afin de protéger sa deuxième famille. En plus d’une commission d’enquête sur votre dos… Vous êtes totalement au bout du chemin, vous ne savez plus quoi faire alors… Vous allez vous réconforter dans les bras de votre femme ? Nooon, inquiéter votre petite fille d’un étrange comportement n’apportera rien de sains, alors vous téléphoner à la gentille voisine d’en face pour qu’elle prenne soin de la petite et de sa maman… Être dans cet état, à la maison, il n’y aurait rien de pire.
En fait, la seule chose que votre corps et votre inconscience vous pousse à faire c’est…
- Une autre bière !
He oui, dans les bas fond de la ville de Gladsheim, la Old Box ou encore plus précisément, le comptoir d’un bar miteux vous a sembler des plus dignes de votre personne. S’en est assez, tout le monde se portera mieux sans vous, et ça vous le savez très bien et ça vous chagrine au point de vouloir tout noyer sous l’alcool, même la drogue semble être un bon moyen de s’échapper mais une part de vous vous maintient et vous empêche d’y toucher et ce même si vous en avez acheter et que le fond de votre poche est si près de vous. Le quarantenaire que vous êtes paie cette nouvelle bière et commence à l’ingurgiter. Il vous semble être de la pire espèce, vous avez honte de la personne que vous êtes et décidément, vous compté rester là jusqu’à ce que le bar ferme et vous jette misérablement à la porte tel le déchet que vous êtes présentement.
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Le Colonel Whitney Millers, en ce moment, se mêlait à la foule, ne paraissant n’être rien de plus qu’un simple alcoolique déprimé comme tous les autres. Vêtu d’un jean large et délaver, d’un grand chandail a manche longue et encore une fois très loin d’être à sa taille, déchiré, vieux et usé par le temps. Rasé il y a de cela plus d’une semaine et lavé il y a deux jours. Bien sûr, il veille tout de même à sa famille, sans toutefois être à leurs côtés. La vieille voisine est généreuse et gentille, surtout avec de l’argent au bout de la ligne. Whitney s’assura de bien faire comprendre à la vieille femme qu’il travaillait et qu’un drame s’était produit avec son unité, afin qu’elle ne décide pas de partir sans prendre soin de sa fille. Il veilla même à téléphoner à son petit trésor, lui disant que papa devait travailler quelques jours de suites et rester à la base militaire, qu’il s’excusait et que à son retour ils iraient tous les trois dans un bon petit restaurant. C’est certain que ça ne faisait le bonheur de personne, mais Millers ne voulait absolument pas montrer sa détresse à sa famille alors qu’ils comptaient tant sur lui pour veiller sur eux…
- Une autre.
Encore ? Bien sûr, pourquoi pas ? Soudainement, un homme à sa droite tenta de faire la discussion. Demandant ce qu’il faisait là et pourquoi il semblait ne pas être de bonne humeur. Le colonel tenta de l’ignorer et de lui faire comprendre qu’il ne voulait aucunement ouvrir la bouche pour dire autre chose que « Une bière ». Bien entendu, ce ne fut pas bien reçu de la part de l’autre ivrogne qui lui était là pour faire la fête pour une raison qui échappa aux oreilles du militaire. « C’est quoi ton problème le vieux crado ! J’essaie d’être sympa’ ! » Qu’on lui balança. Honnêtement, le militaire n’était pas venu si loin dans l’Old Box pour venir se faire casser les oreilles par un jeune écervelé. Évidemment, qu’il lui répondit bêtement ;
- Fou-moi la paix.
Ce n’était sans doute pas la meilleure manière de se faire entendre parce que ce dernier semblait avoir été piqué par la frustration. Il n’hésita pas à monter le ton et insulter le quarantenaire qui voulait simplement picoler en solo sans déranger personne. Simplement l’ignorer ne porta aucun fruit intéressant, le jeune se mit clairement à harceler le colonel avachi sur le comptoir qui grommelait qu’on lui fiche la paix. C’est alors que l’inconnu osa poser le doigt sur sa personne que ce dernier eu une réaction. Peut-être pas exactement ce qu’on attendait d’un ivrogne défigurer comme lui ! Il agrippa cette main odieuse avec force, puis se retourna vers le jeune homme pour enfoncer son autre poing dans la gueule. Et vlam dans les dents ! Maintenant on allait lui foutre la paix, non ? Bien sûr que non ! Le jeune se releva de son choc et se précipita vers Millers pour engager une bagarre à laquelle le Colonel se fit une joie de répondre par la violence. Ivre comme il était, il n’arrivait pas à bien contrôler son corps… et donc tout son entrainement militaire ne faisait aucune différence. Un homme bien normal face à un autre. La plus grosse différence résidait surement dans l’âge et la capacité de rester debout.
Bien entendu, la petite bonne femme derrière le comptoir paniquait, priant a qui voudra bien les séparer de le faire aussi vite que possible, seulement, les clients de se bar avaient beaucoup plus de plaisir à parier sur le vainqueur que d’arrêter la bagarre des deux hommes.
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 | Sujet: Re: Une seule bière ? 05.02.12 10:28 | |
| Prendre un peu l'air. Pour une fois, j'avais envie de me tirer cette nuit, loin de ce complexe militaire... Je regardais une dernière fois mes mails, sur mon ordinateur portable. J'avais tout traité, et la journée de demain allait sembler un peu plus tranquille que d'habitude. Pourquoi ne pas se permettre de sortir prendre un verre? Remuer les pensées maussades avec un verre de whisky à la main... Une soirée prometteuse en tout cas. J'éteignis mon poste, pris ma veste, tapota mes poches extérieures pour voir si j'avais un paquet de cigarette, et l'ouvris. Il m'en restait une dizaine. Ca allait faire un peu court pour ce soir, mais je me souvenais que j'avais acheté d'avance des paquets que j'avais mis dans le tiroir de mon bureau. Bon, ça fera l'affaire. Allez, on se casse. Je pris soin d'éteindre la lumière en sortant puis fermai la porte. J'entendis un bruit dans le couloir. Je sortis une cigarette de mon paquet, puis la mettais entre mes lèvres. Je rangeai les clés dans une de mes poches intérieures cette fois, puis relevai la tête. Je découvris qu'une personne était dans le couloir sombre, les pas résonnant sur les carreaux. - Mr Castagnier? Mr Castagnier, c'est vous? Vous êtes encore là?Oh putin non. Je reconnaissais cette voix féminine, gracieuse pourtant, mais qui fit tendre mes muscles. C'était Alice, une jeune femme plutôt sympas. Mais je n'avais pas tellement envie de la voir ce soir. En fait, je l'ai rencontré par hasard (ou du moins, elle m'a rencontré par hasard, elle). Elle était entrée dans mon bureau pour faire le ménage, comme à son habitude chaque soir, mais elle n’avait pas tout de suite remarqué que j'étais encore présent. Je ne suis pas sûr que je me fusse présenté sous mon meilleur jour... Seul, sur mon fauteuil en train de fumer dans mon bureau. Seule la lueur de ma fraise laissait une petite lueur. Elle a crié alors que j'étais dans un état de somnolence pur et dur. J'ai sursauté et balancé mon mégot par la fenêtre en me levant brusquement. J'ai eu quelques remarques déplacés du haut de son mètre cinquante et de sa longue chevelure blonde. Elle était plutôt pas mal pour son âge, je crois dix-sept ou dix-huit ans. Elle faisait le ménage depuis peu pour gagner un peu de sous. Elle n'avait pas réellement d’ambitions d'avenir. Elle vivait seule dans un appartement (je ne sais plus où d'ailleurs.) Au départ, elle pensait que j'étais un petit voyou qui s'était introduit dans la pièce par le biais de la fenêtre. Puis elle m'a alors reconnue de vu et on a parlé brièvement : j'avais prétexté avoir un rendez-vous important puis je suis partit... Bref. Mais là, c'était mort. Je n'avais pas envie de la voir, juste rester seul. Je n’avais pas trop envie non plus qu'elle prenne l'habitude de passer à chaque fois pour me voir. Il fallait que je feinte rapidement, sinon j'allais perdre facilement une demi-heure de ma soirée. De si précieuses minutes. Je longeai le couloir dans l’autre sens, telle une ombre. Je savais exactement quelles portes prendre, même dans le noir complet (une sorte d’habitude, on pourrait dire, de mauvaises habitudes…). Tandis que j’ouvris la porte pour prendre le grand frais, je remarquai les quelques flocons de neige qui tombaient doucement sur le sol. Une soirée plutôt tendre si on ne prenait pas en compte le froid. C’était presque poétique la façon dont ils se posaient sur le sol avant de se recouvrir mutuellement, comme s’ils essayaient de se tenir chaud. Et moi, j’allais les écraser jusqu’à qu’ils deviennent une boue difforme marron, flasque et humide. J’allumai ma cigarette en regardant l’heure sur ma montre à aiguilles. 21h29. Bon, ça me laisse quand même du temps de faire ce que je veux. Par contre pour un bar, je ne sais plus trop ou il y en a. Que je mette ma mémoire en action… Où est-ce que déjà elle voulait qu’on aille boire en verre ? Vu qu’elle est là, je doute fortement que je la recroiserai. Elle finira tard et ira se coucher. Seule. Comme moi d’ailleurs. J’ai le choix entre les quartiers bourgeois, ce qui va certainement me lasser rapidement par l’ambiance régnante, on bien des quartiers plus modeste. J’opte pour la deuxième solution. Puis je connais un pub bien malfamé. En tout cas, je suis sûr que je ne me ferai pas trop emmerder, je connais la serveuse qui me place toujours un coin tranquille... Allez, on s’y lance. *** Enfin je reconnaissais l’endroit par les néons pétés, puis ces forces de l’ordre qui se donnent l’air de vouloir gérer la situation, alors que ça fait des mois qu’ils ont perdus le contrôle de cette partie de la ville. Quelle bande de nase, et quel cynisme de la part du « grand général ». Enfin bon, tous ces trucs je n’ai pas envie d’y penser, surtout maintenant, alors qu’ils ne viennent pas m’emmerder. J’entrai dans la pièce lugubre à première vue, déjà bondée de monde. Je m’approchai du bar, en prenant soin de ne pousser personne brusquement (on ne sait jamais, y’a toujours des tarés, vaut mieux être prudent quand on le peut.) J’adressai un regard entendu à la petite femme du bar qui vînt me voir et m’adressa un sourire : - Mr Adam, comment vas-tu ? Allez, je pensais que tu viendrais nous faire un coucou aujourd’hui. T’as de la chance, me reste une table que j’ai prétexté être réservé. Un peu près du bar, mais bon, qu’est-ce que tu veux ! - Merci ma Dame, lui répondis-je, tu connais mes goûts taciturnes du moment, mais bon, je suis preneur. Deux whiskys s’il te plaît. - Ca marche mon grand. J’étais en train de me demander si l’interdiction de fumer était toujours d’actualité ici, lorsque je posai mon paquet de cigarette sur la table.Bon… Pas trop mal. Un peu de bruit quand même. Personne n’est encore venu m’accoster pour me demander une cigarette, c’est déjà un très bon début. Pas d’ivrogne me demandant si j’avais de la monnaie pour lui payer une pression médiocre, un mélange d’amertume ne donnant qu’une impression de bien être, après les litres ingurgité et le mal de ventre. Après mon deuxième verre, je commençais à ressentir ce bien-être, sans les défauts précédemment cités. Une évasion de sens, je ressentais l’inspiration génératrice d’idées originales par ce flux intéressants, mais difficile de maîtriser. Je fouillais mes poches de manteau en cherchant mon petit carnet et un stylo, pour écrire. La serveuse m’amena un autre verre de Whisky entre-temps (que je n’avais même pas remarqué sur ce coup, honte à moi !) Tandis que je balançais deux trois idées en vrac sur mon carnet, je ressentis les effluves de transpirations humides autour de moi. Je relevai la tête et vis deux ivrognes en train de se prendre le bec. Enfin, à ce stade là, je ne sais même pas si c’était encore une prise de bec ou non. Je pense plus. Je redescendis mon regard sur la table. En l’espace d’une seconde, je la vis s’éjecter et moi tomber de ma chaise. Mon épaule gauche subit le choc du sol sale et froid et mon verre et mon carnet volèrent dans la pièce. Le temps que je reprenne mes esprits, je me doutais qu’en faite, ça devait être l’un des deux types qui commençaient à ses mettre des coups. Je me levai tant bien que mal du parquet puis regardai en face de moi. Je vis un type avec une vieille balafre au visage, le teint cireux et les cheveux d’un blond gras. Il m’évoquait quelqu’un, mais ma conscience semblait un tant soi peu troublé par les évènements. L’autre était affalé dans la pièce, apparemment surpris de la réaction du blond. Je cherchais mon carnet (le verre étant cassé et le dilué répandu par le choc, ce n’était plus la peine de prendre le temps de le trouver) d’un vague coup d’œil dans la pièce. Par chance, il était coincé sur un des rebords de la table. Je me précipitais, soulevai la table et le rangeai dans ma veste. Non, y’a autre chose qui a dû sauter de la table, que je ne retrouvai pas dans une de mes poches extérieurs : mon paquet de cigarette. Je lançai des regards en ronde pour avoir une vue un peu globale. Je commençais un peu à me chauffer d’un air nerveux. Le calme avait du mal à compenser l’énervement qui commençait à surgir petit à petit. Mais bordel, c’est quoi cette soirée de merde ?! C’est sur un coup de tête que je m’approchai du blondinet en lui sortant de la manière que j’espérais la plus calme possible : - Allez viens mon gars, on va causer dehors le temps que tu te calmes. D’ailleurs, paye-moi une cigarette qu’on puisse faire 2 excellentes choses à la fois. La sortie est par là, lui dis-je en indiquant la porte d’entrée. Vite, avant que ça devienne plus que désastreux. |
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 | Sujet: Re: Une seule bière ? 09.02.12 13:20 | |
| Évidemment, le Colonel était persuadé de gagner cette petite bataille de bar tandis qu’en réalité ils étaient plutôt égaux. Qu’un militaire puisse perdre contre un simple civil n’avait aucun sens et pourtant il n’était pas en condition pour la victoire. L’alcool amoindrissait les douleurs et fort heureusement ! Son adversaire était encore bien jeune et plein de vie. Il ne se rendit nullement compte des détails qui les entouraient, de cette table renversé, de ce pauvre type qui était assis à cette même table. Trop ivre pour prendre conscience de ses propres gestes et de sa propre existence. C’était donc à cela que le colonel aspirait ! Ne plus rien ressentir, ne plus rien entendre, juste bouger sans réfléchir d’avantage, se vider l’esprit ou plutôt l’endormir autant que possible semblait lui faire un grand bien. En fait, cela ne faisait qu’agrandir la plaie et rien de plus et ce ne sera que le lendemain qu’il se rendra compte de sa stupidité, un homme de son âge ne devrait même pas songer à se défiler ainsi sous la faiblesse de son cœur.
Soudainement, une voix l’interpela et le figea sur le coup. Une voix calme qui s’adressait à lui, lui donnant quasiment un ordre et parlait de calme ainsi que de cigarette. Étrangement, Millers avait envie de suivre cette voix dont il ne connaissait rien car elle semblait être pleine de bon sens. Seulement, il ne pouvait si simplement se défiler d’une bagarre, c’est pourquoi le colonel mit donc tout ce qui lui restait de force dans un dernier coup à l’abdomen qui plia son adversaire sous la pression. Il décida de suivre cette voix qui parlait de prendre l’air et de revenir au calme comme il l’avait souhaité au tout début de la soirée. Du calme.
Son regard se tourna alors pour la toute première fois vers l’origine de la voix qui l’avait interpelé. Il eut l’impression d’y voir un type blasé et simplement tiré par les fils du destin. Pourquoi lui avait-il adressé la parole ? Pourquoi se mêler de ce qui ne le regarde nullement ? Dans tous les cas, Whitney se laissa guider vers la porte de la sortie, marchant aussi droitement que possible… ce qui s’avérait être d’une grande difficulté vu la quantité d’alcool qui devait circuler dans son sang.
- …
Grosse envie de parler, ça se voyait sur son visage qu’il ne savait pas trop quoi dire à cet inconnu.
- Je ne fume pas.
Finit-il par lui dire en réfléchissant à ce que lui avait dit cette personne. Ce serait indigne qu’un père de famille fume en présence de sa fille, alors depuis longtemps il avait abandonné l’idée même d’essayer la chose.
- Et puis d’abord, c’est lui qui m’a cherché !
Le timbre de sa voix était empli de reproche à l’égard du jeune garçon qui avait déclenché la bagarre.
- Tout c’que je voulais, c’était de rester bien tranquille dans mon coin.
C’est fou ce que peux produire l’alcool chez quelqu’un qui cherchait à garder le silence il y a de cela quelques minutes. Millers n’était pas bien méchant, il ne fera pas de mal à cet homme, il laissa tomber sa colère bien rapidement. Très peu de chose venait le chercher dans ce genre d’émotion. Normalement, il savait si bien garder son calme dans ces situations mais instable comme il l’était présentement, il n’y avait pas grand-chose à faire avec ça.
- J’peux savoir pourquoi tu as pris le risque de m’interpeler ?
Quand on est ivre on s’imagine bien des trucs aussi et on a tendance à lâcher tout ce qui nous passe par la tête, sans la moindre retenue et sans même supposer que l’on puisse avoir tord.
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 | Sujet: Re: Une seule bière ? 26.02.12 8:35 | |
| Je le voyais mettre une bonne droite, à l’autre type qui s’était relevé, dans le ventre, alors qu’il s’était relevé tant bien que mal. Je le regardais désintéressé s’affaler comme un déchet par terre, tous les yeux rivés sur lui. Une bonne bagarre, ça intéressait souvent les bons vieux bougres du coin. D’habitude par ici, ça se finit par un coup de couteau dans le ventre au coin de la rue. Alors ils ne sont pas trop habitués… Je voyais le type balafré se calmer. En faite, en regardant bien, ce mec a su maîtriser son coup dans l’abdomen de l’autre con, et ça l’a quasiment mis K.O. Une maîtrise comme ça, une cicatrice sur le visage… Il a dû faire la guerre. Et sur le front. Ou bien, un civil qui n’a vraiment pas eu de chance, qui s’est débrouillé dans la rue en affirmant sa loi et ses tripes. Pas mal de possibilité. Bon sang, j’avais envie de fumer. Je le vis prendre la sortie, comme je lui avais conseillé. Ca signifie qu’il a encore un peu de lucidité dans le sang, si je puis dire… En me retournant, je remarquai que je n’avais pas aperçu le détail des dégâts qu’il avait occasionné au premier coup d’œil. Tables pétées, chaises cassées, le gars qu’il avait frappé le nez en sang... Je regardais la petite femme du comptoir déjà en train de nettoyer ce qu’elle pouvait. Elle ramassa un paquet de cigarette qu’elle remit sur une table à côté. Bon sang, c’est le mien ! Je le pris rapidement puis me dirigeai vers la sortie
Il commençait à faire frais, je le ressentais, même si j’avais plutôt le corps chaud. Les pieds dans la neige, je regardais du coin de l’œil l’homme balafré qui se tenait difficilement debout. J’allumais ma cigarette. En silence, nous contemplions la rue quasi désertées où juste quelques gamins trainaient par-ci par-là. Jusqu’à qu’il le brisa en me répondant qu’il ne fumait pas.
- Pas grave, j’ai retrouvé mon lot de consolation
Et là il commençait à se plaindre que tout ce qui venait de se passer était la faute de l’autre homme. Quelle douce ironie. Jusqu’à qu’il se tourne vers moi pour me demander pourquoi j’avais fait cela. Je prenais le temps de tirer une bonne bouffée de fumée avant de lui répondre
- Je ne sais pas qui a cherché le premier, mais ce que je sais, c’est que vous vous êtes trouvé tout les deux en même temps. Et ça a fait du grabuge.
Je lui lançais alors un regard blasé :
- Je crois que c’était une évidence qu’on voulait rester tranquillement à notre place, à prendre la vie de notre plein saoul. Et c’est bien le cas de la dire. Les moments de solitude prenne place sur la vie quotidienne bien plus qu’on pourrait le penser… Mais ces moments si intenses permettent de remettre au clair ce qu’on a besoin de clarifier, parfois de vider.
Je fumais ma dernière bouffée, puis jetais d’un coup de doigt entre l’index et le pouce, le mégot plus loin dans la rue. J’inspirai lentement. Et expirai de même.
- Pourquoi je t’ai interpellé… A ton avis ? Ta sobriété n’est toujours pas revenue ? En plus c’est un risque ? Ca allait être un risque pour toi si tu allais rameuter toute la bande de l’autre gland. Et là, il aurait fallu que tu sois bien plus fort que tu l’as été maintenant. Parce qu’une dizaine de type sur toi, c’est beaucoup moins drôle que lorsqu’on s’amuse avec un seul type. Comme tu l’as fait.
Je souriais en coin sur ce que j’allais lui dire.
- Ouai, pour moi tu t’es amusé à lui foutre la rouste. Ca se voyait. Enfin bon, peut-être que ton passe-temps c’est de foutre le bordel et de faire de la bagarre de rue, je ne sais pas. En tout cas, fais plus attention à qui tu provoques dans le coin. L’armée ici, elle ne vaut rien. Y’a pas de mec avec sa mitraillette qui va venir te sortir de là si tu rencontres des problèmes, si tu te fais agresser. Ici, c’est toute une histoire de mafia… On y peut rien si personne ne veux s’occuper de cet endroit. Y’a d’autres préoccupations pour l’armée que de s’occuper de ses citoyens. Question de priorité je dirai... Enfin bref.
Je me tournai vers lui puis lui adressai un petit sourire.
- Ne t’inquiète pas sur ce que tu as pété dans le bar. J’irai la voir. Et je parle pas de l'autre con. Lui on s'en fout
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 | Sujet: Re: Une seule bière ? 29.02.12 14:23 | |
| Son lot de consolation ? Millers pouvait parfaitement comprendre le sens de cette phrase, seulement, son lot à lui n’avait strictement rien à voir avec la nicotine. Sa récompense se trouvait à la maison, sa femme entre ses bras et sa fille bien au chaud dans son lit en toute sécurité. Cette image si simple n’était pourtant pas totalement accessible pour l’instant, tant et aussi longtemps que son aimé n’aura pas retrouvé son envie de vivre… Chose difficile par ses temps de malheurs. Ses pensées furent rapidement balayer par l’alcool qui s’amusait à jouer avec le fil de ses états d’âme. Alors que le militaire rejetait la faute sur l’autre individu et que son homologue lui répondit, il regarda au loin les gamins qui jouaient à cette heure tardive dans le froid. Ce que disait le jeune garçon était plein de sens, comme sorti d’un livre de conte ou bien était-ce de lui ? Peu importe, les paroles de ce dernier étaient plutôt calmante. Whitney ne faisait pas trop attention à l’air blasé qu’avait affiché le jeune homme, trop amuser par les enfants. Son cœur de père était toujours bien éveillé et ce au point d’en oublier complètement sa lèvre fendu qui laissait échapper quelque goûtes de sang sur la neige et son manteau noir.
La réponse à la dernière question qu’il avait posée attira toutefois son attention. S’amuser. Oui, en effet, mine de rien Millers s’était bien amusé. Il ne s’était pas préoccuper de son statut de Colonel ni de tout ce qui est rallier à l’armé, agissant comme un homme bien banale. Il parlât alors de l’implication de l’Armée dans les milieux défavorisé comme celui-ci et de la mafia. C’était bien vrai… et cette vérité ne rendait pas fier le militaire en lui qui avait encore et toujours ses belles idées de protéger les citoyens.
- Non, c’est pas vraiment dans mes habitudes… Mais merci.
Le garçon n’avait pas tords. Qu’aurait-il fait si son adversaire avait eu un groupe bien à lui et qu’ils se seraient jetés sur le quarantenaire ivre ? Peut-être aurait-il couru un grave risque, été réellement en danger de mort et de ce fait n’aurait pas pu être auprès de sa petite famille. Songeant à ses actes malgré l’influence de l’alcool qui semblait vouloir lui faire dire des conneries, il leva les yeux sur son interlocuteur. Ne pas s’en faire pour… ? Ahhh oui… les bris de matériaux. Jamais il n’avait pensé à ce genre de chose, tout ce qui avait compté dans sa tête avait été la poussé de l’adrénaline et cette irrésistible envie de lui casser la gueule à ce jeune con impertinent. Il irait la voir qu’il disait, alors ce type connaissait bien la serveuse… Pourtant, il n’avait pas cet air d’habituer de ce genre d’endroit peu fréquentable. Oui, il avait l’air du type écœuré et épuisé par certaines choses qui échappait au Colonel mais pas au point de fréquenter des bars malfamés.
- Uhm… merci, j’y retournerais une autre fois… lucide… pour payer les pots cassés…
Parce que là, il n’avait toujours pas retrouvé la faculté de marcher sur une ligne droite. Avec le nombre de bouteille qu’il s’était enfilé, seul un café super size et une douche bien froide pourrait le réveiller. Le froid de février était bien là, seulement, ça ne faisait qu’engourdir encore plus la douleur de son corps.
Soudainement, la porte du bar s’ouvrit. Elle laissa sortir le type avec qui il s’était battu. Visiblement, ce dernier ne pouvait pas rester après avoir foutu une telle pagaille… Whitney croisa alors son regard plein de rancune. Le délinquant regarda le militaire tout comme s’il le défiait de recommencer. Le vieil homme au menton négliger par le rasoir détourna son attention sur le type qui l’avait sorti de là. Il était suffisamment intelligent pour en rester là et ne pas répondre à cet invitation qui au final se conclu par une insulte.
- Les vieux de mon âge ne doives pas taper sur les plus jeunes, lâcha t’il en rigolant à moitié.
Il se fichait bien de l’âge, en réalité, il ne faisait que suivre le conseil avisé du garçon qui lui avait parlé de mafia et de danger plus grand. Ce jeune homme avait parfaitement raison et Millers le savait aussi, seulement, ivre comme il l’était, il ne s’en était tout bonnement pas rendu compte avant.
- Je te paierais bien une bière pour te remercier… seulement, je ne suis pas convaincu qu’on me laissera retourner dans ce bar de sitôt…
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 | Sujet: Re: Une seule bière ? 18.03.12 11:19 | |
| Après avoir déclaré les derniers mots que j’avais à lui dire, je le vis détourner son attention tout bonnement de la conversation. Enfin, en partie. Je suivis son regard d’un œil mi-désintéressé. Il regardait les enfants jouer dans la neige, sous les flocons qui devenaient de plus en plus gros. Je vis son demi-sourire. Alors cet homme semblait avoir des enfants. Vu sa carrure, son âge un peu plus avancé… Surement une femme, ou divorcé. Que dire de plus ? Je l’entendis ensuite me dire que ce n’était pas ses habitudes. Mais en tout cas, il a une jolie poigne, et il lui a foutu une grosse dérouillée au petit. On a tous des moments où on a besoin de se défouler, la preuve ce soir, la preuve sur moi-même. Je pense que ce n’est donc pas blâmable. Une chose que j’ai apprise tout au long de ma vie, c’est qu’il ne faut reprocher à quelqu’un un fait dont on n’est pas soi-même irréprochable. Dans la vie, il faut savoir pardonner, comprendre et continuer à avancer.
Les pots cassés. Je lui répondis en le regardant, lui qui tentait de rester stable sur ses jambes.
- Ce n’est pas comme si tu étais le premier à casser des trucs dans ce pub morose. Ni le dernier. Peut-être que demain tu auras oublié ce que tu viens de me dire aussi… Quelle importance finalement ?
En effet, quelle importance ? On nait, on vit, on meurt. Le cycle est une boucle refermée : impossible d’échapper à la fatalité. Pourquoi perdre son temps avec des futilités alors ? On a tellement peu de temps devant nous pour pouvoir accomplir, ne serait-ce, qu’une partie de nos envies et de nos désirs. Je pensais alors à voix haute, sans trop m’en rendre compte :
- La vie est trop courte. Pourquoi se priver, ne pas regarder ce que nous avons déjà en notre possession avant de vouloir toujours plus d’acquis ? C’est une très bonne question sur l’existence humaine, même sur la volonté humaine. Quand on regarde cette guerre, elle n’est qu’ambitieuse. Que nous vaudra la défaite ou la victoire ? Ne serait-ce qu’encore plus d’orgueil qui nous sied pourtant si mal ? Je crois qu’à force c’est exactement ça. Concrètement, pour vivre une existence heureuse, il n’existe pas de meilleur remède que cela : « aime ta femme, chérit tes enfants, remercie tes parents, et veille sur ta famille. Pense à ta propre vie, sourit à l’extérieur du monde et pardonne à toi-même les fautes que tu aurais commises ; Et tu pourras continuer à avancer. »
Inconsciemment, je me touchais l’avant bras gauche, ou je m’étais promis de ne plus jamais oublié. Je n’aurai plus jamais ce pourquoi je me bats.
J’entendis alors la porte du bar s’ouvrir, et vis sortir le pauvre gamin de tout à l’heure le nez toujours ensanglanté, jeté dehors par la serveuse du bar. Il se vautra par terre un moment puis se releva en jetant un regard mauvais à l’homme à côté de moi. D’ailleurs, je ne savais même pas comment il s’appelait. Il ne releva pas la provocation, puis l’autre gars partit.
- Ca c’était bien une excuse pour ne pas lui péter la gueule, lui annonçais-je avec un demi-sourire. Mais tu as bien fait, si c’est que pour que dans une semaine ou deux il s’en prend à toi, tu aurais regretté de d’avoir relâché tes nerfs sur ce mec. Des bons à rien, il en court dans toutes les rues… En fait, je ne sais toujours pas comment t’appeler ?
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|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Une seule bière ? 18.03.12 16:53 | |
| Le garçon aux cotées du militaire avait une manière bien à lui de voir les choses, une façon très lucide et particulièrement mature pour son âge. Il lui semblait être vraiment plus jeune, au minimum d’une dizaine d’année sinon plus. Comment pouvait-il alors être si mature ? Alors que dans son cœur Whitney avait lui-même l’impression de n’avoir qu’une vingtaine d’année. Surement était-ce dû au fait que le Colonel faisait partie des gens sentimental et que souvent il se laissait porter par ses émotions ? Alors que ce garçon avait la tête plus froide et une vision plus large des choses. Décidément, intéressant ce gamin… mais Whitney ne pouvait pas vraiment le remarquer d’avantage, son ivresse ne partira pas si facilement, un café et une bonne douche pourrait bien l’aider… ou encore une bonne plonge dans la neige mais pas très convainquant de faire ce genre de connerie devant quelqu’un d’autre… Sa fille aurait aimé mais un adulte ce n’est pas la même chose.
Même si le regard de Millers s’était tourné sur la tendre enfance, ses oreilles étaient très ouvertes aux propos de son nouvel ami.
- Tu es très profond, on dirait quasiment que tes mots sorte d’une bible.
Et très honnêtement, on pouvait sentir dans le ton de sa voix qu’il ne se moquait nullement du jeune homme qui parlait de la vie avec une certaine insouciance. Il n’avait pas tort une fois de plus mais Whitney se gardait bien d’embellir la chose avec les maux qui le rongeait. Chérir sa famille et aimer sa femme, ce dont il n’avait de cesse de s’appliquer. Le reste était toutefois contre lui. Celui qui tentait tant bien que mal d’avoir du bonheur se faisait arracher son unité par cette guerre ainsi que la santé de sa femme qui ne faisait que ce dégradé sans cesse. Comment garder un semblant de foi si même le destin se joue de nous ?
Son attention se porta un moment sur son homologue, il remarqua le geste, une signification sans doute se cachait derrière ce dernier mais Whitney n’était pas un inspecteur et analyste en décryptage des gestes, donc il n’y pensa plus lorsque la porte du bar s’était ouverte. Après le petit échange de regard on lui posa une question. Alors ils en étaient rendus aux présentations ? Ne l’avaient-ils pas déjà fais ? Millers l’aurait juré, parlant déjà avec cet homme depuis plus d’une dizaine de minute, il s’étonnait de ne pas s’être présenté d’abord. A moins qu’au départ il n’aurait jamais songé que la conversation puisse perdurer.
- Uhm… Whitney.
Il n’était pas nécessaire de le lui demander en retour, normalement, c’est de coutume de se présenter à son tour après l’avoir fait soi-même et pourtant juste au cas où…
- Et comment je dois t’appeler ?
Le colonel fit quelque pas sur cette rue en direction opposé des enfants et ajouta.
- Et si on marchait un peu ? Avec d’la chance je vais trouver un café et ne pas me transformer en « snowman » d’ici le lever du jour.
Bien sûr que le jeune homme avait le choix de suivre ou non, Millers n’avait cependant pas l’intention de faire le mur toute la soirée dans ce froid avec l’ivresse qui lui picorait les mollets. Ses pas n’étaient pas ce qu’il y avait de plus droit ni régulier, il avait une démarche lente et maladroite.
- Aller, et j’vais te payer un café à toi aussi, j’ai l’salaire qui le permet.
Même dans cet état, le militaire avait son sens de l’humour dans ses poches, toujours prêt à le partager avec les autres dans la plus grande des chaleurs.
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