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 Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]

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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   16.01.12 9:05

    « Je n’avais pas encore osé faire un pas et j’étais restée dans le traîneau, à observer le site de loin. Contrairement à moi, Cielight avait finalement décidé de s’approcher un peu plus. Je le regardai faire et je fus assez surprise même de le voir enlever un de ses gants pour toucher un des murs. Non seulement il faisait complètement froid et je me demandai comment il faisait pour le supporter, mais en plus de cela, j’avais l’impression que le mur était lui aussi totalement gelé. Pour l’instant, je ne bougeai pas de ma place et préférai tout simplement observer les faits et gestes de mon compagnon. Peut-être qu’il reviendrait vers moi en me donnant des informations intéressantes. Pourtant, il fallait de toute façon qu’à un moment ou à un autre, je me misse à faire quelques pas pour découvrir toute la beauté du temple de près. Contempler seulement de loin n’était pas mon intention. En fait, c’était simplement que j’étais assez concentrée à regarder Cielight plutôt que de penser enfin bouger et voir par moi-même ce que je souhaitais. D’ailleurs, je remarquai que ses lèvres avaient bougé. Il avait donc prononcé quelque chose mais je n’en avais aucune idée de ce qu’il avait pu dire. J’étais trop loin alors je ne parvenais pas à l’entendre. Surtout qu’il semblait l’avoir murmuré, ce qui m’empêcha de tout comprendre. J’eus alors l’impression de reprendre mes esprits et donc à c moment-là, mon cerveau décida qu’il était temps pour moi de ne plus rester sur place. De ce fait, je pourrais lui demander ce qu’il en pensait.

    A peine je fis un pas, je sentis la neige craquer sous le poids de mon pied. C’était assez drôle en fait, j’aimais bien ce bruit. Cependant, ce n’était pas du tout comme chez nous : il y avait tellement de neige, que mes jambes s’enfonçaient dans celle-ci. A Gladhseim, la neige ne tombait pas souvent en hiver. Mais j’avais été, il y avait quelques semaines de cela, à Noanjord, où j’avais pu faire la connaissance de la neige. Pourtant, j’avais pu marcher dessus, sans problèmes et sans m’enfoncer. C’était mieux car cela ne dérangeait pas dans les mouvements et ne freinait pas ma façon de marcher. Je grimaçai donc de cette situation et lorsque je soulevai une de mes jambes pour continuer à avancer, je perdis l’équilibre. J’essayai de me raccrocher à quelque chose pour ne pas tomber, mais non seulement il était trop tard mais il n’y avait rien. Mes fesses heurtèrent la neige et s’enterrèrent dans celle-ci, pendant que mon dos venait frapper contre le traîneau avec une certaine violence quand même. Je criai de douleur et en même temps, un de mes bras donna une tape sur le garrot de l’un des chiens. Ce dernier aboya alors pour signifier certainement qu’il n’acceptait pas ce que je venais de faire. Mais cela n’avait pas été fait exprès. Pour le moment, je tentai d’oublier la douleur de mon dos et enfin, je caressai le chien en m’excusant. Je n’avais aucune idée s’il le comprenait. En tout cas, quand je relevai enfin la tête, je vis Cielight qui me regardait. Je me sentis rougir, même si cela ne se voyait pas à cause de mes joues transies par le froid. J’avais un peu honte quand même car j’étais tombée comme une idiote.

    Je me levai finalement, sans trop me préoccuper de tout cela. La douleur était à peu près passée, elle était désormais supportable. Bientôt elle disparaitrait et laisserait la place à un gros bleu. En y réfléchissant, je n’avais pris aucune crème au cas où si nous nous blessions. Il fallait attendre le retour au camping car où se trouvait une petite infirmerie, heureusement. De toute façon, je ne me voyais pas enlever toutes mes couches qui me protégeaient un minimum du froid seulement pour mettre un peu de crème sur l’endroit où je m’étais accidentellement frappée. Ce n’était pas la mort et je préférais survivre avec un gros bleu plutôt que penser que ma peau devait affronter encore plus le froid. J’avançai donc vers Cielight, sans pour l’instant, regarder autre part que lui. Mes yeux étaient rivés sur son visage et plus je m’approchai de lui, plus je souriais. Je n’avais pas idée de la raison de ce sourire, mais au moins, cela rattrapait un peu cette chute complètement impensable. J’espérai simplement qu’il n’avait pas vu l’action même, sinon, j’étais fichée dès le début de l’expédition. Je commençai encore une fois à ne plus trop me sentir à l’aise pendant quelques instants. Une fois que j’étais à ses côtés, je ne disais rien pour le moment. Je me contentai de le fixer quelques secondes avant de finalement détourner mon regard afin de constater par moi-même ce qu’il avait déjà vu de près, lui. De mon côté, je n’étais pas aussi « folle » pour sortir ma main de mon gant alors je ne touchai pas la surface du mur. Comme j’estimais que je n’allais pas passer toutes mes journées collées à ses baskets, je me dirigeai un peu plus loin, tout en longeant le mur. Il n’était pas truffé de dessins incompréhensibles, pourtant, il y avait des figures répétitives qui l’ornaient. Tout avait été taillé avec une grande précision. Impressionnant.


    - Je n’ai jamais vu une telle merveille de toute ma vie, avouai-je tout d’un coup.

    En réalité, je n’en étais pas spécialement sûre et certaine. J’avais visité de nombreux endroits, et beaucoup avait été magnifiques. Certes, c’était probablement l’endroit le plus magique que je voyais depuis bien longtemps. Surtout qu’à cause de la guerre, rien n’avait été épargné. Des endroits impressionnants avaient disparus et ne ressemblaient plus à rien désormais. En tout cas, ce lieu avait été abandonné depuis très longtemps et le fait même qu’il n’avait pas été touché durant la guerre était un miracle. Cela faisait du temple une perle rare et cela devait être la raison pour laquelle j’estimais que c’était l’une des choses les plus magnifiques que j’avais jamais vues dans toute ma vie. Il ne devait plus rester énormément de site de cette beauté-là. Je ne cessai pas de marcher, tâtant la façade avec mon gant. Je ne sentais pas le contact physique avec ma main, mais je pouvais facilement déterminer le fait qu’elle était très lisse. Une nouvelle découverte qui m’impressionna énormément. Finalement, lorsque j’arrivais à la fin de ce qui restait de cette paroi, je jetai un rapide coup d’œil à l’un des morceaux du toit. Je tournai d’abord ma tête vers Cielight pour voir ce qu’il faisait puis enfin, je m’agenouillais. J’enlevai la neige qui se trouvait sur ce qui me semblait être de la pierre étrange, et tentai de distinguer de nouveaux signes, de nouvelles figures. Finalement, je relevai ma tête.


    - Cielight, vous êtes un bon dessinateur, non ? demandai-je soudainement. Pensez-vous pouvoir dessiner tout ce que nous voyons, nous verrons et découvrirons ?

    Ecrire et prendre des notes était une chose. Quelque chose que je pouvais faire très facilement. Mais cela ne donnait pas non plus la réelle représentation. Or comme j’étais nulle en dessin et que j’avais aperçu le talent de Cielight, je m’étais demandé si nous ne pouvions pas l’utiliser justement pour appuyer nos écrits par des images. Cela permettait en tout cas de mieux travailler, trouver des idées d’interprétation des signes ou des figures qui se situaient un peu partout sur les murs et le toit. J’espérais qu’il ne refuserait pas car cela pouvait nous être vraiment bénéfique. Même plus tard, après l’excursion. »
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   17.01.12 13:09

Cielight s’était retournée pour découvrir Rose à demi-ensevelie dans la neige qui, il ne s’en était pas rendu compte alors qu’il sautait littéralement du traineau pour se frayer un chemin dans l’épaisse poudreuse, était très profonde. A la vérité, sa combinaison portait des traces d’humidité jusqu’aux genoux même si, à l’endroit où il se trouvait actuellement, c'est-à-dire près du titanesque édifice, le sol semblait plus stable. Rose faisait à peu de choses près la même taille que lui, aussi estima-t-il qu’elle devait avoir de la neige jusqu’aux rotules, à peu près. Il n’était guère aisé d’évoluer dans la neige avec une articulation aussi importante à demi-embourbée.

« Par ici ! » , appela-t-il assez fort pour couvrir le sifflement du vent qui courait dans les ruines. « C’est plus stable par ici. »

Sur ces mots, et bien malgré sa volonté, un sourire plutôt hilare vint étirer ses traits. Les détails de la chute, le bruit mat qu’il avait entendu, l’air indigné des chiens qui semblaient se demander ce qui leur avait valu de se trimballer des humains pareils et l’air contrit de Rose alors qu’elle se relevait lui semblèrent soudainement irrésistiblement drôle. Il s’était absorbé dans une étude tellement sérieuse du matériau de la porte, que ce soudain retour aux contingences matérielles lui semblait d’un potentiel comique énorme. Manifestement, Rose ne s’était pas fait trop mal puisqu’elle se relevait et marchait vers lui avec un drôle de sourire. Alors qu’elle parvenait à sa hauteur, il contint tout de même son hilarité – ils ne se connaissaient que depuis quelques jours, après tout, et elle aurait pu trouver déplacé qu’il se moquât d’elle – pour lui demander :

« Est-ce que ça va ? Vous n’êtes pas blessée ? »

Elle sembla aller bien. Elle le regarda quelques secondes. Elle était un peu rouge, mais il était difficile de dire si c’était à cause du froid mordant, agrémenté d’un vent qui faisait voleter quelques unes de ses mèches blondes échappées de ses couches de vêtements, ou la gêne. Si c’était le cas, il n’y avait pas de quoi, même si plutôt attendrissant. Il décida que ça n’avait aucune importance. Ils n’étaient pas là pour ça. D’ailleurs, elle semblait penser la même chose parce qu’elle reporta son attention sur le bâtiment. Cielight suivit son regard et hocha la tête quand elle lui fit part de sa première impression. Il fit jouer ses doigts de nouveau gantés que les multiples changement de chaleur avait engourdi. La sensation qui remontait le long de son bras et qui, il le savait, correspondait à un réchauffement de la zone, n’avait rien d’agréable, et était même plutôt douloureuse. Merde, il devait faire vraiment sacrément froid pour que ses doigts se soient refroidis aussi vite. Il ne s’était pourtant attardé que quelques secondes près de la porte. Cette nouvelle perception de la température extérieure le fit soudainement frissonner, plus à cause d’un souvenir du froid qu’une réelle sensation.

« C’est impressionnant, en effet » , dit-il en lui emboîtant le pas alors qu’elle commençait à longer le mur. « C’est un miracle que cette chose tienne encore debout. C’est un fait de le lire, mais le voir de ses yeux est tout à fait différent. Vous aviez raison. »

Alors que Rose s’éloignait toujours, il remarquait que les murs étaient parcourus de symboles. L’un d’eux, à hauteur d’yeux, retint son attention et il se pencha pour l’observer. Il était curieusement géométrique. Un triangle équilatéral encadrait abritait un réseau plus complexe de figures qui semblaient ordonnées de manière cohérente sur l’ensemble de son aire. Toutes semblaient obéir à une règle rigoureuse : il n’y avait pas d’espace vide ou inutilement occupé. Il apprécia la concision de l’ouvrage. Ca n’avait pas l’air d’être une œuvre d’art. De son point de vue, on aurait dit une sorte de formule mathématique qui aurait été schématisée. Une fractale très étrange, ou quelque chose du même genre. Il gratta du bout de son gant les interstices remplis par endroit remplis de glace pour la dégager. A cet instant Rose, qui semblait avoir découvert d’autres symboles un peu plus loin, lui demanda s’il pouvait dessiner ce qu’ils voyaient.

« C’est dans mes cordes », répondit-il pensivement en continuant de gratter pour dégager sa propre découverte. « Je ne sais pas ce que c’est, mais c’est étrange. Ca ne ressemble pas à un mode d’expression artistique à proprement parler, à part si ceux qui ont construit ça étaient des fanatiques de la géométrie. C’est sans doute plus que décoratif. »

C’était son opinion, mais il pouvait se tromper. Il n’était pas expert en histoire de l’art, loin de là. D’ailleurs, il avait tendance à voir des éléments de physique et d’ingénierie partout, déformation professionnelle. Mais il se trouvait toutefois qualifié pour estimer la rigueur que l’on pouvait apporter dans un dessin, et ceux-là étaient exemplaires. Il n’y avait pas de fantaisie superflue : l’auteur n’avait pas voulu y mettre sa patte ou graver son nom dans un coin. L’ensemble était cohérent, précis et ordonné. Monolithique. Il recula d’un pas pour observer le fragment qu’il venait de découvrir et saisir la gravure dans son ensemble. Le symbole était répété à droite et à gauche, comme une frise, apparemment constitué d’élément identique. Ceux qu’il regardait étaient plutôt triangulaires, mais il semblait y en avoir différentes variétés à différent niveaux de la paroi. Il se contenta pour l’heure de mémoriser ce qu’il avait sous les yeux afin de pouvoir le redessiner une fois rentré au camping-car. Il s’approcha de Rose pour faire de même avec ce qu’elle venait de dégager.

« C’est idiot. On aurait pu emporter un appareil photo, bien que je ne sois pas sûr qu’on aurait réussi à ce que la photo ne soit pas complètement floue à cause de nos grelottements ou des flocons de neige. Par chance, j’ai une bonne mémoire visuelle. »

Ils se trouvaient à l’extrémité du plan de mur écroulé, à quelques mètres seulement de la masse gigantesque du toit qui gisait dans la neige, partiellement recouvert. Il prit la liberté de s’écarter de sa compagne pour s’en approcher. Le vent dont ils s’étaient brièvement protégés en longeant le mur reprit de plus belle et le fit vaciller. Les bourrasques se faisaient violentes, et il espérait que cela se calmerait, parce qu’il ne tenait pas à pleurer toutes les larmes de son corps au retour, alors que les chiens les tireraient à grande vitesse sur la steppe parcourue par le vent. La gifle glacée lui fit d’ailleurs monter les larmes aux yeux. Péniblement, enfonçant plus d’une fois son pied dans une neige trop poudreuse avant de procéder à de savants détours pour rester sur du dur, il progressa en direction de l’imposant vestige. Dans sa tête défilaient les lignes du livre de Nils Nansen qui décrivait sa première vision du temple.

De près, le morceau de roche était d’autant plus impressionnant qu’il semblait taillé d’une seule pièce dans un énorme bloc de pierre immaculée. Ecroulé, il masquait ce qui avait probablement dû être un sol, une cour, ou quelque chose faisant partie de l’édifice. Cielight dégagea un peu de neige du bout du pied, pensif, avant de commencer à gravir un éboulis – tas de pierre enneigé – dans le but de prendre un peu de hauteur depuis l’intérieur du bâtiment. Ses mouvements étaient extrêmement entravés par l’épaisseur de ses vêtements de froid, mais il fit de son mieux. A quoi avait-il ressemblé du temps de sa gloire ? A quoi servait-il ? Rose et lui parlaient sans cesse de « temple » ou de « ruines », mais en réalité, l’endroit avait pu être bien autre chose. Mais il n’était pas vraiment qualifié pour savoir quoi. Parvenu sur la dernière pierre du monticule, il commença par jeter un œil à Rose pour voir où elle en était de sa propre exploration.

« Je me demande pourquoi personne à part Nils Nansen n’a jamais fouillé cet endroit ! » cria-t-il depuis son perchoir parce qu’elle n’était pas si loin et que la question le perturbait. « « On aurait pu croire que des archéologues venus de toute la United-Nation auraient aimé jeter un œil à ces symboles. Venez voir, il y en a encore davantage de l’autre côté ! »
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   26.01.12 9:47

    « J’étais tellement concentrée, que je ne me rendis même pas compte du fait que mes yeux louchaient. En réalité, je pensais que j’étais en train d’analyser soigneusement les décorations de ce morceau de ruine – et c’était certainement à cela que cette position ressemblait – mais en fait, j’étais perdue dans mes pensées. Ou plutôt, je ne pensais pas à grand-chose. Cela arrivait de temps en temps, bien évidemment. Je ressentais comme un vide dans mon esprit pendant que je fixai toujours le même endroit. Pourtant, lorsque je repris enfin mes esprits alors que Cielight passa à côté de moi, ses mots me frappèrent comme la foudre. Je fus donc un peu surprise et je ne compris pas vraiment ce qu’il était en train de me dire puisque je ne me concentrai pas vraiment dessus. En tout cas, je perdis un peu mon équilibre alors que celui-ci n’était pas très stable et sentis une certaine douleur au niveau des tibias. J’étais restée trop longtemps dans cette position inconfortable et mes jambes me le signalaient visiblement. Je réussis néanmoins à me rattraper au toit pour ne pas tomber encore une fois, en y mettant une main dessus. Je décidai finalement de me lever, mais je savais parfaitement que ceci n’allait pas être une partie de plaisir. Je posai mes mains sur mes cuisses et pris tout mon temps pour me relever. J’essayais de ne pas trop grimacer et surtout, de ne pas trop émettre de bruit pour qu’il ne sût pas que cela me faisait mal. J’étais tout simplement ridicule, c’était horrible. J’avais honte. Bien sûr, je le cachais du mieux que je le pouvais.

    Je me demandais alors s’il avait répondu à ma question auparavant. Le problème était que je ne l’avais pas du tout entendu alors que j’étais plongée dans mes pensées alors je ne pouvais pas le savoir. Mais je tentai de me souvenir des mots qu’il venait à peine de prononcer. Des bribes me revinrent alors comme par exemple « prendre un appareil photo » ou « bonne mémoire visuelle ». Je souriais. Rien que cela me prouvait qu’il avait certainement du répondre à ma question d’une manière affirmative. Il était vrai que nous n’avions pas d’appareils photos, mais cela ne dérangeait pas vraiment. Pour dire la vérité, je préférai avoir des images de tout cela dans ma tête ou des dessins qui seraient des représentations. Mais pas de photos. C’était peut être un peu étrange et radical, mais du moment que je n’en parlais pas, personne ne le saurait. Je tournais alors ma tête vers Cielight pour lui signaler simplement que j’étais très contente du fait qu’il pouvait tout retenir et reproduire ensuite cela sur un papier. Heureusement pour lui car de toute façon, il n’allait pas dessiner tout cela dehors dans le froid. Ses mains se gèleraient tout de suite. Rien que de penser à ce froid et à la glace, cela me fit frissonner. Quant à Cielight, ce fut le moment qu’il choisit pour s’éloigner de moi et s’approcher davantage du toit. Je le regardai quelques instants, en me perdant encore une fois dans mes pensées. En fait, je ne savais plus vraiment ce que je devais faire. Plusieurs secondes plus tard, je fis un nouveau tour du site avec mes yeux pour prendre une décision de la direction dans laquelle je marcherai, et la partie que j’explorerai.

    Je finis par aller à l’endroit opposé de celui où se tenait mon compagnon. Je n’eus pas le temps de rejoindre le lieu que je souhaitais regarder que ce dernier sembla m’interpeller. En fait, il me posait plusieurs questions. Lorsqu’il prononça le prénom de Nils Nansen, je m’arrêtai de marcher et commençai à réfléchir. Personne n’avait fouillé cet endroit avant le Prophète. Non, ce n’était pas vraiment possible. Plusieurs personnes devaient être au courant de l’existence de celui-ci puisque Nils n’avait pas pu s’y rendre sans en connaître le lieu. C’était vrai, Cielight avait raison. Tout ceci paraissait tout de même bien étrange. Je plissai les yeux et tentai de me remémorer la fois où le fondateur de l’Asiah était venu dans mon bureau pour une interview. Il avait beau me conter son histoire, il me semblait que j’avais trouvé quelque chose de bizarre dans ses paroles et ses comportements, à partir du moment où il avait commencé à nommer cet endroit. Il avait certainement du omettre beaucoup de choses en me parlant, de manière volontaire. Ce lieu, ou Nils Nansen tout simplement, devait renfermer quelques secrets dont je n’avais pas la connaissance. Cela m’intrigua énormément et je me demandais alors ce que cela pouvait bien être. Je me souvins alors qu’il m’avait parlé des photos en noir et blanc qui avaient été prises lors d’une expédition plusieurs années auparavant. Des personnes étaient donc déjà venues ici. Il avait également nommé cet endroit de « l’origine d’un culte oublié ». Je me tournai alors vers mon partenaire qui m’appela afin que je vinsse voir des signes. Je ne me fis pas prier et le rejoignit sur le champ. Je jetai un regard sur ces derniers, mais je n’étais plus très concentrée. Tout ce qui occupait mes pensées, c’étaient justement les paroles de Nils Nansen.


    - Plusieurs personnes connaissent cet endroit, déclarai-je simplement. Nils m’avait parlé de photos qui avaient été prises. Les personnes qui sont venues ici ont du découvrir quelque chose de trop étrange pour signaler l’existence de ce lieu, même si les photos sont une preuve vivante de celui-ci. Ce que je vais dire peut sembler idiot, mais cela pourrait être une malédiction. Comme dans les films. En tout cas, cela pourrait expliquer le fait que personne ne vient ici pour étudier cet endroit.

    C’était assez stéréotypé de ma part de faire référence à des malédictions ou alors à tous les scénarios des films où, un endroit découvert archéologiquement était une source de malédictions diverses et variées. Cela pouvait justement être une des raisons pour lesquelles les personnes qui avaient prises les photos, n’en avaient parlé à personne par la suite. Si Nils avait réussi à retrouver ces images, c’était parce qu’il fouillait toutes les pistes, donc au plus profond du sujet en lui-même. Mais il se pouvait également, que ces photos n’étaient pas destinées à être retrouvées. Je me lançai dans des pensées toutes plus paranoïaques les unes plus que les autres. D’un autre côté, mon idée n’avait pas beaucoup de sens, mais j’y tenais. Néanmoins, une personne normale aurait été inquiétée de tout cela et aurait eu peur pour sa vie. Ce n’était pas du tout mon cas, ce qui voulait dire que je devais forcément me tromper sur la théorie que j’avançais. Mais c’était tout de même une hypothèse à garder en réserve au cas où. Je ne sus pas si c’était le silence qui s’installa après mes paroles ou pas, mais j’avais encore une fois l’impression de me perdre dans mon esprit. Finalement, j’eus une idée subliminale.

    - Cielight, rentrons pour aujourd’hui et étudions les paroles de Nils Nansen. Demain nous reviendrons pour trouver une entrée et faire d’autres découvertes toutes aussi folles.

    Je ne lui dis pas qu’en même temps, cela pouvait lui permettre de prendre son temps pour faire les dessins de tous les signes que nous avions vus jusque là. En fait, j’avais tout simplement oublié que j’avais mis l’enregistrement de l’interview de Nils sur mon ordinateur. Celui là même que j’avais pris avec moi ici-même. Je pouvais donc encore une fois analyser tout ce qu’il m’avait dit concernant cet endroit. En même temps, Cielight pouvait découvrir pour la première fois, l’interview toute entière et non seulement l’article que j’avais écrit en me basant sur celle-ci. Je n’hésitais pas à la prendre par le bras pour le tirer un peu, avant de le lâcher. Cela signifiait simplement que j’attendais de lui qu’il me suivît et que nous retournions à notre camping-car. Je tournais alors pour me diriger vers le traîneau et les chiens que nous avions laissés. Je regardais ces petites bêtes pendant que je m’approchais d’eux, en réfléchissant sur le fait qu’elles étaient bien courageuses et résistantes pour vivre dans un tel froid et y « travailler ». Je m’arrêtai un instant devant le traîneau, au cas où Cielight ne m’avait pas suivie tout de suite et était resté encore pour quelques détails. Je me mis à caresser alors chaque chien sur le haut de la tête. Tous remuaient de la queue à chaque caresse et semblaient heureux. Ils étaient tellement mignons ! Quand mon compagnon arriva enfin, je cessai cela et montai dans le traîneau pour revenir dans le camping-car. »

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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   01.02.12 9:25

«Magnifique ! Vous ne m’aviez pas parlé d’une malédiction !» , ironisa Cielight en descendant de son perchoir.

Le patron de la Shelby Aerospace ne croyait pas vraiment aux malédictions. Il ne croyait pas en la magie, il ne croyait pas non plus vraiment au hasard, du moins pas dans ce genre de domaine. Deux personnes pouvaient se croiser par hasard (le hasard étant que les deux lignes que formait la vie des deux protagonistes s’étaient croisées d’une manière que ni l’un ni l’autre n’aurait pu prévoir, n’ayant pas en main les données concernant la trajectoire de l’autre), mais de vieilles ruines enneigées ne pouvaient décemment pas comporter une malédiction. A la limite, un mécanisme de défense échappant à l’attention ou à la compréhension, peut-être. Mais ils n’étaient même pas encore entrés dans la structure, et Cielight ne voyait par ailleurs pas comment ils allaient s’y prendre. Alors que Rose sonnait l’heure du départ – et il ne pouvait que se ranger à son avis, étant donné que le froid qui lui balayait le visage et les petits flocons de neige qui commençaient à s’amonceler autour de ses lunettes de protection et dans les replis de sa capuche commençaient à lui taper sur le système – il trotta un peu dans la neige pour revenir à sa hauteur.

Elle n’avait pas du tout l’air inquiet, malgré sa précédente hypothèse d’une éventuelle malédiction toute prête à s’abattre sur leur tête. Soit elle n’y croyait pas elle-même, soit elle ne se sentait pour l’heure pas directement menacée. Cielight eut un demi-sourire amusé. Il avait eu l’occasion de s’en rendre compte à de nombreuses reprise au cours des quelques jours qu’ils venaient de passer ensemble, mais la jeune femme était par moment difficile à comprendre. Pas qu’il ait jamais été un expert en gente féminine, de toute manière. Mais Rose avait cette tendance à manifestement se plonger dans ses pensées très profondément, tenir ce qui semblait être un véritable discours mental, et ressortir de l’expérience soit excitée, soit angoissée, soit morose. Cielight n’arrivait jamais à savoir ce qui avait pu provoquer tel ou tel changement, ou à deviner ce qu’elle avait pensé. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle avait l’air de se couper soudain du monde extérieur, laissant son corps en pilote automatique pendant quelques minutes, afin de réfléchir plus à son aise. Il ne savait pas si c'était une particularité propre à la jeune femme où si tous les membres de la gente féminine agissaient de la sorte.

Alors qu’ils se rapprochaient des traîneaux, Cielight remarqua que le jour déclinait déjà. A cette période de l’année en Sagaland, le soleil ne brillait que quelques heures par jour. Ils avaient eu l’occasion de constater que le soleil n’était pleinement levé que vers 10h, tandis qu’il commençait à se coucher dès 16h. Au vu de l’ombre qui commençait à s’installer, il devait être 15h30 ou 15h45.

« Je n’ai pas vu le temps passer », dit-il en s’installant tant bien que mal sur son traîneau, ayant manqué de peu de s’enfoncer dans la neige comme l’avait fait sa compagne à leur arrivée. « Il faudra faire attention à ne pas se laisser surprendre par la nuit, durant les jours qui viennent. On n’est plus à Gladsheim, la nuit est traîtresse par ici. Les habitants du village nous ont mis en garde avant notre départ, et je pense que ce n’était pas gratuit.

Il donna le signal à son équipage, et le traîneau effectua un vaste arc de cercle dans la zone enneigée pour se réaligner avec leur précédente trajectoire. Cielight vérifia que son poids était réparti équitablement, et jeta un œil à Rose pour vérifier qu’elle était prête. Les chiens, manifestement pressés de rentrés eux-aussi, jappaient bruyamment en chahutant, jusqu’à ce que l’animal de tête semble les ramener à l’ordre. Le traîneau se mit à glisser souplement sur la glace, à une vitesse raisonnable, de façon à ce que les deux restent à peu près au même niveau sur la piste. Cielight se laissa pendant ce temps-là aller à ses pensées.

Jamais il n’aurait pensé trouver un tel édifice au milieu de ce qu’il considérait être « nulle part ». Ayant toujours habité en ville, il n’avait pas l’habitude des grands espaces ni même des écarts de température aussi extrêmes. Il avait souvent eu envie de voyager, durant son adolescence, mais ses études, puis la guerre, avaient accaparé tout son temps. Lorsque lui et sa famille avaient déserté le Muspell pour gagner Gladsheim, l’aventure lui avait paru suffisamment dépaysante pour que l’envie de voir le monde lui passe pendant quelques mois, qui lui furent suffisant à achever sa formation et monter sa société. A partir de ce moment, il n’avait plus été question de partir. Cette expédition avait donc un goût d’inédit. Ses sens étaient mis à rude épreuve : le froid, la neige, les nourritures étranges qu’on leur avait servi et même sa cohabitation avec la journaliste lui apparaissaient tellement étrangers qu’il lui semblait naviguer à vue dans un rêve étrange. L’examen du temple n’avait pas arrangé le problème. L’atmosphère de calme millénaire qui y régnait, contrastant avec le sifflement du vent dans les restes de la structure, sans parler des étrangers symboles qui en ornaient la surface, lui avaient semblé au paroxysme de l’étrange. Il mettait un point d’honneur à n’en rien laisser paraître, mais il se sentait un peu dépassé, voir même déboussolé, par ce voyage. Il était content de rentrer au camping car, espace clos et vaguement civilisé, dans lequel il pourrait rassembler ses esprits et réfléchir calmement.

Il fut brusquement arraché à ses pensées lorsque son véhicule fit une légère embardée qui manqua de le désarçonner. Il se tourna vers Rose pour vérifier que son traîneau n’avait pas dérapé comme le sien, puis se retourna dans le bon sens pour apercevoir, non loin, la silhouette rectangulaire de leur abri. Il n’était pas mécontent d’y être parvenu sans encombre. Entre temps, la nuit était presque tombée, et ils pénétrèrent dans le camping-car en soupirant de soulagement. Il n’y faisait pas encore très chaud mais, à l’abri du vent et des flocons, ils se sentirent tout de suite mieux. Cielight se débarassa rapidement de son encombrante combinaison et émit un grognement de satisfaction en s’affaissant dans l’un des sièges. Posant les bras sur la petite table de camping et y enfouissant sa tête, il lui sembla s’endormir brièvement. Il avait remarqué qu'il dormait beaucoup ces derniers temps. Etrange... Lorsqu’il eut reprit quelques forces, il se mit à farfouiller dans ses affaires afin d’en retirer son bloc-notes, dont il avait rempli la moitié des pages avec des calculs et des schémas compliqués, pris une nouvelle feuille et entreprit de reproduire soigneusement les dessins qu’il avait pu observer dans le temple. De son côté, Rose semblait également vouloir vérifier certaines choses sur son ordinateur.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   26.02.12 9:36

    « Cela faisait déjà quelques jours que nous étions sur le site du temple. Le second jour, nous étions sortis afin de trouver une entrée vers l’intérieur. Au début, ce n’était vraiment pas facile du tout puisque tout était recouvert par la neige voire la glace. Je commençai sérieusement à m’inquiéter et même à baisser les bras, découragée de ne pas découvrir cette entrée. Je ne me plaignais pas cependant comme j’avais l’habitude de le faire dans des moments comme ceux-ci tout simplement parce que je n’avais pas envie que Cielight vît cette partie négative de moi. Je ne supportais pas que les personnes que je connaissais à peine voyaient tous mes défauts dès le début. Je gardai donc toute cette frustration pour moi-même. Ce fut alors que j’aperçus un petit rocher sur lequel je m’étais permise de m’asseoir quelques instants pour réfléchir et me calmer. Le rocher bougea et je tombai en arrière, ma tête se fracassant contre de la glace. C’était assez douloureux sur le moment et je m’écriai. Je vérifiai tout de suite si je ne m’étais pas blessée alors j’enlevai ma capuche malgré le froid et un de mes gants. Lorsque je touchai ma tête, je ne saignai pas. Je savais tout de même qu’une bosse se manifesterait dans quelques minutes à l’endroit de l’impact. Ensuite, je tournai la tête pour connaître la raison de ma chute, ou plutôt de celle du rocher. En fait ce dernier était simplement posé sur un pan de glace incliné vers le bas. Il n’avait pas supporté mon poids et avait tout de suite glissé. Je clignai des yeux en découvrant cela puisque plus bas, j’eus l’impression de voir une sorte de tunnel.

    Nous étions finalement parvenus à entrer à l’intérieur pour explorer le tout. Les descriptions que m’en avait faites Nils Nansen semblaient correspondre à tout ce que ce temple nous offrait comme ruines. Cependant, au terme de plusieurs jours de fouilles – car l’étage inférieur était beaucoup plus grand que nous le pensions – nous n’avons pas trouvé de choses très extraordinaires. Pour dire la vérité, tout ce dont j’avais entendu parler pendant l’interview, n’était que des mensonges. Certes, il y avait quelques illustrations, mais elles ne voulaient absolument rien dire du tout. Elles ne racontaient pas grand-chose, à moins que ce ne fût un alphabet très étrange d’une ancienne civilisation. En tout cas, rien ne possédait dans ce temple un lien direct avec l’histoire des Anges. Par ailleurs, je fus également bien déçue car je n’eus pas l’occasion de découvrir les calculs bizarres qui avaient conduit le Prophète sur la piste des Anges, mais surtout la date de la première apparition. Cielight et moi avions pu découvrir quelques statuettes, mais rien de bien intéressant. Je me demandais même si cela en valait la peine de les ramener à Gladsheim et les proposer à un musée.

    Au bout de ces quelques jours d’exploration, nous décidâmes de ne plus continuer et de rentrer. Je n’étais pas du tout satisfaite de ce voyage-là qui m’avait vraiment fait perdre un temps précieux. De plus, je m’excusai presque tous les jours auprès de Cielight puisqu’il avait abandonné son entreprise pour rien du tout. Je m’en voulais énormément de l’avoir empêtré dans cette affaire-là avec moi et surtout, je me sentais vraiment de plus en plus mal vis-à-vis de lui. Son temps était encore plus précieux que le mien et donc pour le coup, il devait l’avoir gâché encore plus que moi. C’était vraiment gênant. D’ailleurs, le pire dans tout cela, c’était que j’avais été simplement guidée par mon instinct. Je n’avais aucune preuve que ces ruines existaient vraiment. Nils Nansen aurait très pu me mentir encore plus, notamment en prétendant l’existence de quelque chose d’absent. J’avais foncé les yeux rivés sur le sol et tête baissée comme une poule. Je n’avais pas compris que peut être tout ceci n’était pas la réalité. Mais j’avais voulu me faire une idée des affirmations de l’ancien Chef de l’Asiah. Maintenant je savais. Il m’avait menti. Nils Nansen n’était pas un homme crédible et qu’il fallait croire.

    Si je me permettais de juger, c’était tout simplement parce que j’en avais eu les preuves. Et désormais, tout le monde connaîtra la vérité. Quant aux personnes qui m’en voulaient lorsque j’avais écrit le précédent article sur sa biographie, cette fois-ci, elles ne pourraient que m’approuver. Désormais, je soutenais la thèse comme quoi Nils Nansen n’était qu’un homme fou qui croyait dur comme fer à des théories toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Sur ces hypothèses, je ne pouvais rien dire car je n’avais pas de preuves. Pourtant, j’étais sûre que discréditer le Prophète auprès des habitants de la United-Nation, ce serait discréditer ces théories-là en même temps. Mais cela ne me dérangeait pas du tout. De toute façon, mon opinion était déjà faite : Nils Nansen ne valait pas la peine d’un quelconque intérêt. Les fanatiques étaient de toute manière tombés amoureux d’un homme illuminé et fou, et ils devenaient, par la même occasion, complètement fous aux yeux de tout le monde eux également. Il en était ainsi.

    C’étaient les rapports que j’étais en train d’écrire alors que j’étais dans l’avion du retour. Une fois que j’eus fini, je me mis à réfléchir sur le prochain article que j’allais écrire et qui paraîtrait. Je savais qu’il serait difficile de convaincre ma directrice, mais je ferai tout en mon possible. Je devais, en quelque sorte, me racheter à leurs yeux et c’était ma chance. Je n’en pouvais plus de la paperasse des autres. Ce voyage m’avait justement donné cette opportunité de récupérer mon propre travail et mon poste de journaliste et présentatrice officielle de la UNNTV. J’étais pressée. »

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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]   29.02.12 12:56

Les fouilles n'avaient pas donnés les résultats escomptés, songea Cielight alors qu'il patientait avec Rose pour embarquer dans l'avion qui devait les ramener à Glasheim après un nouveau et interminable voyage. Ils avaient passés plusieurs heures à trouver l'entrée du temple, et ils auraient sans doute pu tourner autour pendant longtemps si Rose n'étaient pas littéralement tombée dessus. Comme quoi, la maladresse de la jeune femme s'était avérée plus utile qu'autre chose, même s'il s'était bien gardé de lui faire remarquer. Il était sorti avec une fille, une fois, qui cassait à peu près tout ce qui lui passait entre les mains, et qui ne supportait pas qu'on lui fasse la moindre réflexion. Une fois, elle lui avait carrément jeté une assiette au visage alors qu'il lui avait simplement demandé de s'écarter du service de table dont elle venait de casser deux verres. Depuis, il y réfléchissait à deux fois avant de faire le moindre commentaire sur la maladresse d'un être de sexe féminin. Il n'était spécialement doué pour éviter les projectiles. Non que Rose se soit montrée d'un caractère difficile. En fait, leur cohabitation dans l'espace restreint du camping-car s'était étonnamment bien déroulée. La jeune femme semblait savoir respecter ses longues périodes de réflexion qu'elle mettait à profit pour pianoter il ne savait quoi sur son ordinateur.

Rapidement, il avait reproduit l'essentiel des fresques murales qu'ils avaient trouvées hors et à l'intérieur du temple. Pour ce qu'il en savait, elles semblaient plus relever d'un alphabet particulier et d'un assemblage logique qui laissait penser à des mots, voir des phrases, qu'à des ornements artistiques dont l’interprétation aurait eu un quelconque rapport avec les Anges. Les enchaînements étaient trop récurrents, et assemblés d'une manière qui semblait trop logique pour qu'il en soit autrement.

Rose, cependant, semblait s'assombrir de jour en jour, bien qu'elle ne le montrât que rarement et lorsqu'elle pensait qu'il ne la regardait pas. Elle ne trouvait pas ce qu'elle était venue chercher dans ces ruines, et s'excusait chaque jour davantage de l'avoir entraîné dans cette expérience qu'elle jugeait manifestement décevante. Ce qui était certain, c'était qu'elle n'accordait plus le moindre crédit aux paroles de Nills Nansen, et le patron de la Shelby sentait que, quelque part, elle se sentait d'autant plus mal qu'elle aurait aimé y croire ou, du moins, penser que l'homme ne lui avait pas menti d'un bout à l'autre. Sa colère semblait alimenter son énergie, cependant, et il ne fit aucun commentaire à ce sujet. En réalité, il se contentait généralement de commenter leurs découvertes (ils avaient mis la mains sur des statuettes qui intéresseraient sûrement les archéologues et motiveraient peut-être de plus amples fouilles là-bas), de les dessiner, mais surtout d'observer. A vrai dire, la résistance au froid du bâtiment l'intéressait au plus haut point. Lorsqu'ils avaient pénétré à l'intérieur, il lui avait semblé sentir une très nette différence de température. La matière dans laquelle l'ensemble de la structure avait été taillée semblait être de la pierre, mais sa composition semblait avoir d'étonnantes propriétés d'isolation qui, à vrai dire, avaient éveillé sa curiosité.

Aussi avait-il procédé à quelques prélèvements de pierre supplémentaires afin de découverte quelle composant chimique permettait cette étonnante résistance. Il n'en était pas encore sûre, mais s'il avait raison, alors ses recherches pourraient avancer plus vite qu'il ne le pensait en quittant Gladsheim. Pour lui, cette expédition n'avait donc pas été une totale perte de temps. Loin des tracas de son quotidien, il avait pu réfléchir, prendre du recul et aborder ses problèmes sous d'autres perspectives qui, peut-être, lui seraient pas venus s'il n'avait pas vécu cette expérience. Il espérait seulement que l'inspiration venue des ruines ne s'envolerait pas sitôt descendu de l'avion.

Comme à l'aller, il prit place dans son siège et descendit la tablette sans prêter attention cette fois au regard noir de l'hôtesse qui semblait prête à lui demander de la relever au moindre frémissement du moteur. Maintenant qu'il se savait sur le point de rentrer, Cielight se demandait avec angoisse où en était son entreprise, et si son assistant n'avait réussir à faire fuir l'ensemble de ses ingénieurs. Le jeune homme n'entendait rien à l'aéronautique en tant que telle, et il connaissait deux ou trois membres de son équipe qui ne supportaient pas les "ignorants" tels que lui. Il ne se faisait cependant pas de soucis pour ses clients: ils étaient en de bonnes mains. A contre-coeur, il se résolu à remonter la tablette lorsque l'appareil s'apprêta à prendre son envol, puis la redescendit sitôt qu'il y fut autorisé avec un regard insolent pour l'hôtesse. Rendu un peu fébrile par la perspective de retrouver son bureau, son atelier et de pouvoir commencer l'étude qu'il prévoyait de mener sur ses échantillons, le jeune homme ne pu s'empêcher de constater que Rose écrivait de nouveau frénétiquement ses rapports. Il l'observa avec attention pendant un moment, notant le pli concentré de son front qu'il avait déjà plusieurs fois remarqué et qui signifiait qu'elle était plongée dans un état de grande concentration. Apparemment, si ce voyage n'avait pas été à la hauteur de ses attentes, il avait renouvelé son inspiration de journaliste. S'il s'en référait au nombre de pages qu'elle avait dû écrire, la presse serait bientôt inondé de compte-rendus concernant le manque d'authenticité des informations fournies par le chef de l'Asiah. Il n'aurait pas aimé être à la place des fanatiques.

En attendant d'atterrir, il se replongea dans ses calculs. Il ne releva la tête que lorsqu'il estima qu'ils survolaient la côte ouest de Muspell afin de jeter un oeil par le hublot. Il n'aperçu que les nuages et le ciel qui s'assombrissait avec la nuit.
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Il faut parfois faire des sacrifices pour découvrir la vérité [PV Cielight]

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