Sur l'écran d'ordinateur placé à droite, le planning de la journée défilait. Certaines plages horaires avaient quelques mots écrits en rouge. Parfois des points d'exclamation les accompagnaient. À part un paquet de réglisse abandonné à côté d'un pot de crayon, il n'y avait pas une trace du propriétaire. Les autres bureaux paraissaient tout aussi vides. Les ordinateurs affichaient des écrans noirs. Tout le monde était rassemblé autour de la table en forme de U dans la salle de réunion. Des diapositives se succédaient en face des participants alors qu'un conseiller parlait. La réunion habituelle où les statistiques et les résultats des politiques menées étaient discutées se déroulait sans encombre. Jan écoutait avec attention, gribouillait des notes sur un calepin mais se gardait d'intervenir si la situation ne le nécessitait pas. Le plus souvent, il lui arrivait de discuter après avec les collaborateurs ayant posé un problème. Mais aujourd'hui, ce ne serait pas à l'ordre du jour. Discrètement, il jeta un coup d'oeil à son téléphone portable puis le retourna, l'écran contre la table. Pour l'instant, de ce qu'il constatait, la zone se situait dans une phase stable. Pas de quoi se lamenter mais pas de quoi se féliciter non plus.
Avant la fin des interventions, le blond se leva marquant à sa manière la fin de la réunion. Un regard entendu fut échanger avec les autres. Bientôt la salle fut à nouveau vide et les conseillers regagnèrent leur place. Jan descendit dans le hall vérifiant auprès de la réception que les visiteurs du jour étaient tous bien enregistrés. Pour pouvoir circuler jusqu'aux étages, ils devaient posséder un badge spécifique. En fonction de la raison de leur venue, ils avaient ou n'avaient pas accès à certaines parties du bâtiment. Si la mesure pouvait sembler excessive, elle avait paru nécessaire à son prédécesseur pour une question de tranquillité et le blond avait décidé de la garder. Cela évitait de consacrer une partie du budget dans la sécurité et d'avoir des agents entrain de circuler en plus.
« - Faîtes monter directement monsieur Ctralt dans mon bureau lorsqu'il arrivera même s'il est un peu en avance et pour monsieur Normann, ne lui donnez l'autorisation que pour le couloir 3. Najia s'occupera du reste. »
Bien qu'il s'agissait d'ordres, le ton restait amical. Le réceptionniste hocha la tête mais ouvrit la bouche prêt à poser une question avant de tourner son visage vers les photographies des futurs arrivants. La plupart des rendez-vous avait lieu à l'heure précise donnée. Pas avant, ni après — le traitement des retardataires variaient selon la nature de leur visite. Aux personnes arrivant en avance, on disait toujours qu'il était occupé pour le moment. Seules celles considérées comme importantes bénéficiaient d'un autre régime. Dans des cas, plus rares, l'accès au bureau du Gouverneur se faisait sans rendez-vous. Assuré que tout serait prêt, l'homme remonta dans son bureau, procéda à un rapide nettoyage visant à faire disparaître toute trace de nourriture puis extirpa un classeur d'un meuble parfaitement rangé. Il le posa à côté de son clavier. Les profils d'une partie des propriétaires d'entreprises médicales se retrouvaient dans ce simple volume. Cherchant des yeux un post-it vert, il tourna plusieurs pages pour tomber sur celle concernant Morgan et Ctralt Pharmagateway. Si le domaine scientifique méritait une attention non négligeable, il n'en demeurait pas moins que les emplois visaient des personnes, hautement, qualifiées. Du point de vue de l'emploi, cela présentait tout de même un problème.
Pensivement, Jan joua avec sa chevalière puis consulta via l'intranet le montant des différentes subventions allouées les mois précédents. Les sociétés les plus jeunes avaient droit à un coup de pouce plus important que celles déjà bien établies. Il referma le fichier et fit de même avec le classeur. Une bonne discussion lui permettrait de se faire une idée définitive.