Sujet: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 23.10.11 7:45
« Les quatre jours de repos que la compagnie m’avait accordés grâce à ma mère, il y avait déjà plus d’une semaine, n’avaient visiblement pas suffit du tout. J’étais toujours et encore fatiguée le matin. J’avais presque l’impression que quelque chose me manquait. Nous étions en février désormais et je n’avais encore pas reçu de message de la part de Cameron. Etait-ce cela qui me mettait dans un tel état ? Certainement pas. Cela ne devait pas être la seule raison. Mais pouvait très bien en faire partie … La façon dont j’avais réagi à la présence de cet homme était plutôt étrange. En tout cas, les questions me revenaient assez souvent à l’esprit. Il avait pourtant tant tenu à ce que je l’appelasse. Je lui avais donc envoyé un message avec mon adresse mail afin de communiquer beaucoup plus facilement. Depuis, je n’avais pas eu de réponse donc, aucune nouvelle. Cela semblait me chiffonner même si quelque part, cela ne me dérangeait pas du tout. Je commençai à devenir beaucoup trop paradoxale et ce n’était pas du tout bon pour mon moral. Il fallait avouer que je ne doutais pas du tout du fait qu’il devait plaire à de nombreuses femmes et qu’elles devaient se presser dans son lit presque chaque soir. Du moins, il m’avait paru être un homme appréciant cette philosophie de vie. Je ne la partageai certes pas et c’était pour cela que finalement, cela devait être mieux pour moi qu’il m’eût oubliée. Il ne m’importunerait donc plus. Même si mes pensées tourneraient encore quelques temps autour de lui, j’étais sûre et certaine que s’il ne me contactait pas et m’oubliait tout simplement, il en serait de même pour ma part.
A peine j’étais rentrée au travail que je m’étais mise à écrire l’article sur Nils Nansen. Ce dernier était paru sans aucune censure – heureusement – et personne ne m’avait fait aucune remarque sur celui-ci. Probablement personne n’avait noté puisque peu de personnes lisaient les articles avant de les publier. Encore moins lorsque l’article était déjà validé. Pourtant, le jour suivant, mon article avait fait un énorme buzz. Tout le monde en parlait. Quelque part, j’étais vraiment contente de moi puisque je donnais un nouveau sujet à croquer pour les lecteurs. Mais les ennuis commencèrent rapidement aussi. Beaucoup plus tôt que je ne m’y étais attendue. Bien évidemment j’imaginais bien que tout le monde voudrait connaître bien plus de choses, notamment sur ma rencontre avec le fanatique. J’avais été la seule journaliste qui avait réussi à l’interviewer, et qui en avait, au préalable, trouvé l’idée. Les personnes qui débarquaient dans mon bureau se faisaient de plus en plus nombreuses. J’avais l’impression d’être celle qui se faisait interviewer tellement de questions diverses et variées fusaient dans tous les sens dans ce pauvre bureau, assez petit pour faire tenir presque toute la rédaction voire plus de monde encore. Depuis le début, je refusais de répondre à n’importe quelle question. En quoi c’était leur affaire ?! Qu’ils se mêlaient de leurs articles et leur travail. Cela ne servait pas à grand-chose qu’ils perdissent leur temps dans mon bureau. Je virais donc tout le monde et finis par m’enfermer à clé.
Sauf que d’autres conséquences avaient vu leur apparition par la suite. J’avais été contactée par l’armée en elle-même pour leur donner des informations. Heureusement que je n’avais pas répondu sur mon téléphone, comme cela je pouvais prétendre que je n’avais pas reçu leur message. Je n’avais aucune envie de parler et dire quoique ce fût sur Nils Nansen. L’article et l’interview étaient suffisants. C’était tout ce qu’ils pouvaient avoir. Je savais que le fondateur de l’Asiah était très recherché dans le monde. S’il m’avait accordé sa confiance et avait accepté de venir participer à mon interview, ce n’était certainement pas pour que par la suite je dévoilasse des choses sur lui. Notamment la manière dont il était plus ou moins disponible si on lui écrivait un message par mail. Il ne m’avait rien demandé et je n’avais pas eu besoin de lui promettre quoique ce fût. Cela allait de soi et chacun le savait parfaitement. Il pouvait continuer à me faire confiance, je ne le trahirais pas. Même sous la torture. Mais de toute manière, je pense que l’armée n’irait pas jusqu’à ce stade-là … Même si tout était possible dans ce monde détraqué. S’ils me considéraient comme adhérente à l’Asiah, il se pourrait très bien que bien des choses se déroulassent. C’était donc à prévoir. L’armée était capable de tout et n’importe quoi après tout. On ne pouvait jamais prévoir ce qui leur passait dans la tête. Et lorsqu’ils étaient convaincus de quelque chose, ils étaient tellement têtus, qu’ils ne lâchaient pas l’affaire si facilement. Je devais donc toujours être sur mes gardes et ne pas faire d’erreur. Pour l’instant, je pouvais encore les éviter mais il arriverait un moment où cela ne serait plus le cas.
Je soupirai longuement. La nuit était déjà tombée depuis bien plus d’une heure même s’il n’était pas encore trop tard. L’hiver était rude en cette partie du monde. Je ne m’y rendais pour la première fois et je n’avais jamais pensé qu’il pouvait y faire autant froid. A Gladsheim, même pendant l’hiver, il faisait relativement doux et la température était supportable. D’autant plus que le soleil était bien plus au rendez-vous que dans ces endroits où le ciel gris était le quotidien des habitants. Je n’arrivais pas à saisir comment ils pouvaient vivre dans un tel endroit. C’en était presque déprimant. Pourquoi donc la direction avait-elle décidé de m’envoyer dans ce trou paumé quelque part dans la province de Noanjord ? Ils devaient considérer que je devenais un peu trop dangereuse pour la sécurité de la compagnie. Ou alors ils avaient vraiment un scoop à me faire découvrir, mais j’en doutais vraiment énormément. Dans des terres aussi ruinées et pauvres, j’ignorais vraiment ce que je pouvais bien y trouver. Après tout, il fallait s’attendre à tout et n’importe quoi. Peut être qu’un miracle se produirait et que je tomberais sur quelque chose d’extraordinaire. Je pourrais donc en faire un article puis l’envoyer. Cela me fera un tout petit peu oublié par l’armée en ce qui concernait l’article sur Nils Nansen, peut être. Que d’espoirs !
J’étais partie toute seule, sans caméraman pour me suivre cette fois-ci. Je n’avais aucune envie de compagnie, j’avais besoin d’être seule. Cela me permettait en même temps de me couper un peu du monde pour me poser calmement et réfléchir sur mon futur. Tellement de choses s’étaient déroulées pendant le premier mois de cette année que c’en était presque troublant. Je n’avais encore jamais vécu un début d’année aussi fort et riche en émotions. Peut être était-ce le fait que je n’avais pas été journaliste autrefois. De plus, toute seule je pouvais me reposer un peu plus facilement, oublier mes problèmes et être de nouveau d’aplomb lorsque que je reviendrais la prochaine fois à Gladsheim. Par ailleurs, j’ignorais totalement pour combien de temps ils avaient décidé de m’envoyer dans cet endroit. Toutefois, heureusement que je m’étais équipée en doudounes et de vêtements très chauds avant de partir parce que sans ceux-ci, j’aurais déjà été morte de froid. En tout cas, je me sentais bien malgré tout ce que j’étais en train de penser et tous les inconvénients de mon voyage. Sans caméra, je ne pouvais pas faire d’article qui passerait à la télévision. Ce n’était pas vraiment grave puisque de toute façon, j’avais toujours mon site web pour y publier tout ce que j’écrivais. Puis, j’avais une petite caméra avec moi, suffisante pour filmer quelques images si quelque chose d’extraordinaire venait finalement à se produire.
En tout cas, cette soirée-là, j’étais sortie de l’auberge dans laquelle je séjournais. Ce n’était pas le luxe ni le grand confort, mais c’était suffisant pour passer la nuit au chaud. La nourriture n’était pas non plus ce qu’il y avait de meilleur probablement parce que les récoltes étaient mauvaises et qu’il n’y avait pas beaucoup de ressources. Mais les propriétaires étaient bien chaleureux et donnaient tout ce qu’ils avaient, même si ce n’était pas beaucoup. De mon côté, cela me touchait énormément. Mais cette fois-ci, j’avais envie de visiter ce petit village et de voir comment se déroulait la vie nocturne. Je marchais donc dans la rue principale, très peu éclairée, seulement par les lumières qui provenaient des bougies des maisons. Je n’étais certes pas la plus rassurée du monde, mais je tentais de me calmer en prétendant que tout le monde m’entendrait si je criais. C’était idiot, mais c’était ainsi. J’observais donc toutes les petites maisons mais aussi tous les coins dans lesquels il faisait bon vivre. Notamment le petit bar dans lequel s’était amassés de nombreux hommes. Les femmes restaient probablement à la maison pour s’occuper des tâches ménagères ainsi que des enfants qui dormaient. Mais il n’était pas encore aussi tard, alors elles devaient préparer le dîner en attendant leurs maris, tout en sachant où ces derniers se trouvaient. De mon côté, j’entrai dans le bar et je vis les yeux des hommes se tourner automatiquement sur moi. Leur étonnement ne me surprit guère mais je continuai mon chemin jusqu’au comptoir pour commander une petite bière. Pour l’instant, j’allais donc me reposer dans cet endroit avant de voir ce que j’aurais envie de faire … »
Détails Âge : 28 ans Nation : United-Nation Langue : Bilingue
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 24.10.11 13:38
Au creux de la noirceur, loin des phares de la ville la plus proche, la lueur diaphane d'une cigarette suinta l'ambiance, éclairant à peine le visage aux traits tirés. Le regard fixe. Le regard fort. À l'épaule, un loup enragé. À la ceinture, une arme et assez de munitions pour tenir le tournant d'une petite guérilla. Son visage disparu de nouveau dans la noirceur. Tout près, une tente montée dans la pénombre, à l'abri des regards indiscrets. Et tout autour, des hommes embusqués, près à sortir de leur cachette au moindre problème, près à tiré au premier signal.
- "Ïak maïetes ?"
La voix sortit du silence environnant lui fit tourner les yeux. Cigarette aux lèvres, il jugea son camarade d'un regard à rapprocher du dégoût. Pour lui comme pour plusieurs, il y avait un fossé entre eux.
- "Tak i siak." se contenta-t-il de répondre entre ses dents serrées.
L'homme qui venait de sortir de la tête n'arborait aucune uniforme, contrairement au fumeur. Un manteau léger, noir, et de grandes bottes. Il ne fallait cependant pas le croire désarmé, car la faute pouvait coûter la vie à l'imbécile qui oserait l'attaquer. Ses yeux violacés scrutèrent l'horizon, une légère brume envahissant la forêt environnante, ou plutôt, ce qu'il en restait. Il faisait froid, mais pas assez pour qu'il ressente un quelconque désagrément. Il avait connu pire. Que ce soit de gré ou de force. Un long moment, les deux hommes restèrent plantés là, silencieux. Que l'on imagine cette scène comme une longue conversation muette où ce qui doit être dit n'a pas besoin de l'être, où l'on sait ce que l'autre pense. Non. Ce n'était pas ce genre de scène. L'un comme l'autre, ils ignoraient tout de ce qui se passait dans la tête de leur camarade. Que ce soit leur but d'être ici, ce qu'ils recherchaient, ce qu'ils espéraient, ce qu'ils aspiraient. Non. L'un comme l'autre, ils n'avaient rien en commun, mis à part quelques connaissances. Croisant les doigts pour replacer confortablement ses éternels gants de faux cuir noir, l'homme à la plus forte stature dépassa son camarade, qui ne broncha pas, continuant à fumer dans un silence révélateur d'un tempérament discret, calculateur.
- "Ïa nikoly tout ne bouv." déclara l'homme à la chevelure platine d'un ton à vous scier un sourire en deux.
Évidemment, l'accent n'était pas au niveau, mais il y avait quelque chose de familier dans cette langue, langue pour laquelle il se ferait fusiller si on l'entendait la parler. Peut-être n'était-elle pas la sienne, mais quel ignorant verrait la différence ? Sûrement pas celui pour qui il avait promis de se taire, pour qui il gardait tous ses secrets, pour qui il travaillait. Le fumeur acquiesça d'un simplement hochement. Les traits inexpressifs lui creusaient un visage pour qui on ne donnerait pas sa confiance. Ses yeux marron suivirent alors la silhouette de son camarade qui s'éloignait dans la pénombre environnante. Une envie. Une imbécilité lui passa par la tête. Ce genre d'imbécilité qui vous coûte la vie, ou qui en sauve des dizaines d'autres. L'envie de prendre cette arme, à sa ceinture, et de tirer sans préavis. L'envie de l'arrêter. L'envie de stopper la folie dans laquelle il s'était lui-même embourbé pour une cause qu'il ne voyait plus clairement, une cause qui s'évanouissait comme les pas de l'homme à la stature militaire. Une envie, seulement. Et il continua à fumer, dans ce pénible silence...
Lentement, les pas de Leonhart Diederich quittèrent le sentir précaire pour rejoindre la petite route. Au bout, un village. Le soleil s'étant déjà couché, il suivit les lueurs des maisons pour se guider. Les mains dans les poches de son manteau, la démarche lourde mais franche, il commença à remettre en place ce qu'il lui restait à faire, maintenant, jusqu'à la prochaine borne. Une par une, une par une. Et une autre. Et une autre encore. Il avançait dans la pénombre, tâtant les méandres de ce qu'il ne connaissait qu'à peine, de ce qu'il découvrait dans un monde voué à l'échec, voué à la mort. Non, ce n'était pas son chemin physique qu'il tâtait, mais celui de son but, de son travail, de ce pourquoi il continuait à avancer. Car il n'avançait pas pour lui. Il ne se tuait pas au boulot pour lui-même. Il y avait quelque chose qui le gardait en vie. Dans les poches de son manteau, il serra les poings. Presque imperceptible, il serra les dents en une grimace. La colère. Une colère mélangée à quelque chose de douloureux. L'expression s'envola rapidement. Il tourna un coin, soupirant. Ses mains se calmèrent.
Tu as besoin d'un verre, pas vrai ? La chaleur de l'alcool, la seule chaleur que tu es prêt à accepter, en ce moment.
Leonhart Diederich poussa la porte d'un petit bar. Il dégrafa le haut de son manteau, laissant paraître une chemise bien propre. Sur un tabouret du comptoir, il posa une main, de l'autre, il fit signe au barman. De la vodka. La plus forte, la plus chaude, la plus chère. Le prix ne l'intéressait guère plus que la qualité. La qualité. Il voulait ce qu'il y avait de mieux. Fin connaisseur au palet habitué. Il avait goûté les plaisirs multiples de tout alcool existant, et son péché restait le même. Vodka. Lorsque le verre se flanqua devant lui, il le cala et en redemanda un autre. Ensuite, il retira son manteau pour le laisser sur le tabouret, quittant le comptoir pour les toilettes. La différence de température, direz-vous. Il fit son affaire, se lava les mains et sortit. Près de son siège, une silhouette, qui avait soudain attirée toutes les attentions, était apparue comme une petite colombe au milieu des rats. Sa chevelure dorée brillait dans la grisaille des alentours. En fait, elle resplendissait de partout. Peu étonnant que tous ces regards la déshabillaient avec peu de courtoisie. Évidemment, Leonhart n'en était pas indifférent, mais ses pensées se stoppaient peut-être plus rapidement que le commun des hommes de l'endroit. Il en avait connu, de belles, de très belles femmes, de toutes les sortes, de toutes les tailles, de toutes les beautés. Il n'était plus un jouvenceau croyant encore que la guerre n'est qu'une émission palpitante. Non, il avait vieilli.
Silencieux, il s'installa à sa place, près de la jeune femme. Sa main gantée agrippa le verre et il le cala, encore. Et il commanda un troisième. Un quatrième. Sans se soucier du regard curieux du barman qui lorgnait de temps à autre le pistolet à sa ceinture. Pour ces villageois, ce n'était qu'un homme armé parmi tant d'autres. Des réfugiés, d'anciens soldats, des paranoïaques de tous les styles. Un être plus avisé aurait remarqué ses traits distinctifs, son visage à la fois méconnu et familier. Le visage du secret uni. L'emblème des clandestinités du gouvernement de la United-Nation. L'homme par qui tant de conspirations jouaient dans la bouche du premier connecté à iNetwork.
Verre à la main, le visage droit devant, il tourna cependant légèrement les yeux en direction de la jeune femme, à sa droite. Oui, elle brillait dans cette grisaille...
Dernière édition par Leonhart Diederich le 04.12.11 10:25, édité 2 fois
Invité Invité
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 24.10.11 16:41
« Emmitouflée dans ma doudoune bien chaude, je frissonnai tout d’un coup. Le contraste entre le chaud de l’intérieur et du froid de l’extérieur très probablement. Je n’avais même pas ouvert mon manteau en rentrant et donc je me trouvais toujours habillée comme si j’étais dehors en fin de compte. Comme je ne savais pas encore vraiment si la chaleur du bar me réchaufferait vraiment, je préférais rester ainsi. Je ne défis même pas mon écharpe ni mes gants. J’avais tout de même pensé à enlever ma capuche en rentrant puisque c’était fort impoli d’entrer dans un établissement avec la tête couverte. Du moins, c’était toujours ce que ma mère m’avait appris. En tout cas, je sentis alors la chair de poule pendant quelques instants. Puis enfin je réfléchis à la boisson que j’avais commandée. Tout simplement parce que le barman me servit cette bière bien belle. Je grimaçai tout d’un coup. Pourquoi donc avais-je pris une bière ? Ce n’était pas du tout la boisson alcoolisée que je préférais. Néanmoins, je ne me voyais pas m’excuser pour commander autre chose à la place. Je me mis donc à boire cette bière qui n’avait vraiment rien à voir avec celle que je trouvais à Gladsheim. Celle-ci me plut vraiment dès la première gorgée et je souriais alors, contente finalement de mon choix.
A côté de moi, il y avait un homme. En fait, il y avait des hommes tout autour de moi. Je devais être la seule femme qui était venue boire un verre. Mais je ne me préoccupais pas du tout de leur présence, ni de leurs regards plus moins pervers. J’étais habituée. Mais cet homme assis tout près de moi, m’intrigua vraiment. Si je tentais de tourner la tête le moins possible et de jeter des coups d’œil discrets vers ce dernier, je n’étais pas sûre et certaine qu’il l’avait remarqué. J’essayais quand même de rester la plus inintéressée possible pour qu’il ne crût pas que j’étais curieuse. De plus, je notai qu’il buvait beaucoup, en plus c’était de la vodka. Cela me rappela tout de suite cet homme âgé, de l’armée unie qui m’avait un jour abordée alors que j’étais avec mes amies, tranquillement en train de profiter du peu de temps que je possédais. Encore une fois, je frissonnai. Non, je n’avais pas du tout froid. Dans cet endroit, la chaleur dominait et pourtant, cela ne m’empêchait d’avoir des frissons. Je m’autorisai alors de tourner une fois la tête vers l’homme. Il ne me regardait pas. Et de toute façon, il était normal de fixer un peu les gens. Cela ne voulait rien dire au final la plupart du temps. Un regard rapide mais j’eus le temps de remarquer de nombreux détails sur ce dernier. Son visage m’était familier et cela m’intéressa vraiment beaucoup. J’essayais donc de me souvenir de la dernière que je l’avais vu et surtout, dans quel endroit. Peut-être que je ne le connaissais pas du tout, mais cela ne changeait pas le fait que j’étais persuadée l’avoir déjà vu. Peut-être n’avais-je que fait le croiser dans la rue et que son visage m’était resté à l’esprit. Je n’en avais aucune idée.
Ma curiosité avait été vraiment piquée au vif, tout de même. J’avais donc une envie très forte de lui poser la question. D’un autre côté, malgré mon côté sociable, je n’osais pas le lui demander. Comme si je n’avais pas finalement très envie de lui parler et de le connaître davantage. J’avais probablement besoin de rester seule et de ne pas être dérangée, surtout pas par un homme. Je jetai un rapide coup d’œil et je le vis cette fois-ci alors qu’il me fixait. Je sursautais presque, surprise. Puis tout d’un coup, je rougis même si j’ignorais qu’il l’eût vu. Je me sentais vraiment mal à l’aise désormais, pour une raison qui m’était totalement inconnue. J’évitais son regard tout en me demandant s’il continuait toujours et encore à me fixer. Que me voulait-il ? Que pensait-il à ce moment-là ? En plus, il venait de boire. Ses pensées devaient être étranges. Je frissonnai une troisième – jamais deux sans trois – et tentai de changer mes pensées. Je devais arrêter de me préoccuper pour si peu. Je repris alors une nouvelle gorgée de ma bière en espérant que celle-ci arrivât à me calmer. Je mis tout mon temps pour l’avaler, me forçant à ne pas tourner ma tête vers cet homme. J’avais levé la tête vers le plafond, comme si je réfléchissais en même temps que je buvais. Où avais-je déjà vu cet homme ?
Même si je ne tournais ni ma tête vers lui, tout comme mon regard, j’avais vraiment l’impression de toujours sentir ses yeux sur moi. Je ne savais plus vraiment comment réagir et ne comprenais encore moins la raison de la perte de mes moyens aussi facilement. Peut-être était-ce le fait que je n’étais pas très rassurée quand même. Une seule femme parmi autant d’hommes. Je pensais alors que je devenais vraiment de plus en plus paranoïaque et que cela ne servait pas à grand-chose. Il fallait que je fisse quelque chose. Même si c’était lui adresser la parole. Changer de place n’aurait pas été une très bonne idée. Il se demanderait quel genre de femme je devais être. Ce n’était donc pas une solution envisageable. Je ne pouvais pas partir non plus. M’aurait-il suivi s’il me voyait partir du bar ? Lui plaisais-je ? Certainement. C’était inévitable, je plaisais à tellement d’hommes. Il ne devait pas y avoir un homme dans ce bar qui n’était pas attiré par ma beauté. Je ne m’en vantais jamais et même si j’étais désormais habituée depuis des années, cela me dérangeait assez souvent pour dire la vérité. Lorsque je finis d’avaler ma gorgée, je pris alors mon courage à deux mains. Je posais la choppe un peu plus brutalement que d’habitude, je fis la moue de surprise en souriant au final, comme pour m’excuser de cette violence soudaine. Je tournais la tête vers l’homme, tout en le regardant avec un sourire détendu. Pourtant, j’étais certainement la femme la plus tendue du monde à cet instant.
- Excusez-moi, on se connaît ?
Maintenant j’attendais une réaction et une réponse notamment. Mais alors que je pus voir son visage entier, encore une fois j’étais persuadée que cet homme me disait quelque chose. Je réfléchissais donc à toutes les possibilités mais je n’arrivais vraiment pas du tout à m’en souvenir. Pourquoi son visage m’était familier ? … »
Détails Âge : 28 ans Nation : United-Nation Langue : Bilingue
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 28.10.11 20:32
Elle avait des traits adorables. S'ils étaient nés dans un tout autre monde, le terme d'ange aurait été tout approprié. Mais dans l'immédiat, il s'agissait d'un mot à éviter lorsque l'on voulait complimenter quelqu'un. Avec tous ces gens, toutes ces cultures, toutes ces différentes manières de penser et de réagir à telle ou telle expression, il fallait souvent tourner sa langue quarante-six fois dans sa bouche avant de parler. Certains plus que d'autres.
La curiosité était un défaut qu'il se gardait bien de montrer au monde. Car, bien sûr, il était curieux, plus curieux que la moyenne des gens. Cela, c'était un secret. Un secret bien gardé. Curieux était celui qui faisait tout en son pouvoir pour tenir entre ses mains toutes les cartes. Curieux était celui qui n'osait étaler une confiance aux plus hautes instances. Curieux était l'homme qui en savait trop et qui, pourtant, continuait à avancer sur le chemin qui, de par ses connaissances, il le savait très bien, mènerait à sa perte. Mais elle en valait la peine.
N'est-ce pas ?
Rares étaient les gens qui ignoraient son existence, aussi bien en territoire uni qu'en territoire fédéré. Comment oublier l'homme pour qui "secret" valait pour beaucoup ? Pourtant, son visage n'était pas ce qu'il y avait de plus connu. Bien que son image se soit transmise sur les chaînes de télévision trois ou quatre fois sans qu'il ne daigne jamais faire le moindre commentaire aux journalistes, on connaissait son nom plus que ses traits. Enfin, dans la population civile.
Au premier regard qu'ils échangèrent, l'homme retourna ses yeux devant lui. Peut-être l'avait-il offusqué. Évidemment, un homme seul, ingurgitant une quantité impressionnante - selon des standards de base - d'alcool en si peu de temps, ce ne devait pas être le type qu'elle pouvait vouloir croiser. Elle semblait d'ailleurs bien loin de son monde. Que venait-elle faire au milieu des loups ? Tentait-elle de s'éloigner d'une vie difficile ? D'un calvaire insurmontable ? Tentait-elle de fuir ? Une situation ? Un homme ? Le monde ? Honnêtement, peu lui importait les raisons de sa présence ici. Il n'en avait rien à faire. Il ne voulait pas savoir. Ce n'était pas de ses oignons. Enfin. C'est ce qu'il se disait, au fond. Une jolie dame aux cheveux d'or pouvait bien avoir mille raisons de se laisser gober par le loup. Ou peut-être était-elle une louve ?
Elle posait soudain son verre avec une étrange dureté. Il se prépara à devoir entendre sa voix. Pas que cela puisse lui déplaire - au contraire, il s'intriguait de savoir quelle voix elle pouvait avoir. Douce ? Chaude ? Et l'accent ? Slave ? Breton ? Germanique, peut-être ? Il n'était pas devin, ni même très doué avec les femmes, mais il ne s'était pas trompé ; elle se tourna réellement vers lui et lui adressa une parole d'un accent qu'il connaissait bien. Gladsheim ? Elle parlait bien, clairement. Et sa voix, d'ailleurs, ne lui était pas totalement inconnue. Où ? Il l'ignorait. Il voyait tant de gens défiler devant ses yeux qu'il lui était difficile de mettre une étiquette sur chaque. Et puis, des voix, il y en avait des semblables par centaine. Il pouvait bien se tromper. Il commanda un autre verre, que le barman s'empressa de lui verser. Sa main gantée serra la boisson, qu'il ingurgita d'une traite. Il reposa ensuite le verre sur le comptoir, sans indélicatesse ni trop de finesse. Juste un homme ferme qui, pourtant, savait faire usage des bonnes conduites.
- "Non, je ne crois pas." répondit-il alors de son accent brut.
Ne croyez pas qu'il tentait de cacher son identité, loin de là. Il lui était futile que de tenter de camoufler qui il était. À quoi bon ? Le monde se porterait-il mieux si l'on ne clouait aucun visage sur les hypothétiques ignominies de la United-Nation ? Le monde serait-il plus rose si l'on ne stigmatisait personne de mille et une conspirations, mille et un complots, mille et une recherches secrètes menées sur des cobayes humains - eh oui, il connaissait bien les idiotes rumeurs sur CLARITY.
La vie n'est qu'une foire aux monstres. Ils s'agglutinent comme des gouttes d'huile, toujours plus épaisses, toujours plus compactes. Voilà ta chance de t'échapper d'une réalité qui te fausse compagnie depuis bien trop longtemps, et tu la laisses passer ? Tu n'oublies rien, n'est-ce pas ? Tu n'oublies pas pourquoi tu fais tout ceci. Tu n'oublies pas pour qui tu le fais.
Mais le jeu en vaut-il toujours la chandelle ?
Glissant une main dans la poche de son pantalon, il sortit une carte de crédit qu'il tendit au barman. La soirée avait été déjà assez longue pour lui, et il n'avait pas envie de sentir encore longtemps l'haleine putride des hommes de l'endroit. Peut-être un dégoût pour la vermine nationaliste encore vive, ou juste parce qu'il commençait à fatiguer, il paya et rangea la carte dans sa poche. Un coup d’œil à son verre vide, puis, il observa la jeune femme. Maintenant debout, on remarquait bien son imposante stature. Il était évident qu’il avait fait la guerre, comme la plupart des hommes de l’endroit. Quant à elle, elle ressemblait plus à une bourgeoise qu’autre chose. Mais que faisait-elle ici ?
La curiosité te tuera, un jour.
Son regard violacé fit le tour de la salle avant de revenir en direction de la jeune femme.
- "Désirez-vous marcher un peu, miss ?"
Invité Invité
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 29.10.11 10:16
« Encore un nouveau verre alors qu’il n’avait toujours pas répondu à ma question. Je restais donc en suspens, toujours espérant une quelconque parole pour moi. Bien sûr je n’étais pas impolie et n’insistait pas, mais tout de même, j’aurais préféré qu’il ne bût pas avant de me répondre. Je feignais donc la femme quelque peu vexée sur le coup mais comme il avalait d’une seule traite sa boisson, il ne dut même pas le remarquer. Après, je fis tout mon possible pour lui montrer que cela ne m’avait pas du tout dérangée. Je ne souriais peut être pas mais au moins, j’attendais sa réponse avec une expression sur le visage plutôt calme et normale. Il me regarda alors à nouveau et cette fois-ci, il déclara que nous ne nous étions jamais rencontré auparavant. Je me doutais de cette réponse, pourtant, je n’arrivais pas à y croire totalement. Ce n’était tout de même pas possible que son visage me fût si familier ! A moins qu’il ne fût qu’une personne plus ou moins célèbre et que j’avais aperçu son visage dans les journaux ou dans les magazines people. Je pensai donc que je devais fouiller un peu plus une fois que je serai toute seule. Du moins s’il ne souhaitait pas se présenter. Mais si cet homme était vraiment connu, son nom me rappellerait tout de suite la raison pour laquelle son visage me paraissait si familier. Je m’apprêtai donc tout simplement à lui poser une nouvelle question, l’obligeant en quelque sorte, de se présenter.
A cet instant même que j’allais ouvrir la bouche, il sortit sa carte bancaire. Il voulait donc déjà payer pour s’en aller. C’était probablement une bonne idée. Il avait déjà assez bu selon moi et le fait de s’arrêter – enfin – le faisait passer pour un homme plutôt raisonnable à mes yeux. Toutefois, je ne savais plus si je devais lui poser la question, tout simplement parce que j’ignorais s’il partirait sans rien me dire et surtout, ce qu’il ferait par la suite. Je me sentais donc en quelque sorte obligée d’attendre une réaction de sa part, autre que la paie de ses verres consommés. A ce moment-là, je me demandais si cela ne me dérangeait pas de me retrouver de nouveau toute seule. Après tout, le fait de ne pas pouvoir trouver la raison pour laquelle j’avais l’impression de le connaître, cela m’attirait énormément et je souhaitais vraiment en savoir davantage. Ou du moins, d’arrêter de torturer mes pensées à chercher la personne qu’il était en réalité. D’un côté, j’étais entrée dans ce bar toute seule et je n’avais aucune intention d’en ressortir avec quelqu’un, probablement. J’avais plus envie de rester pour boire tranquillement ma bière et peut être manger un morceau lorsque mon ventre se mettra à crier famine. Je me sentais très bien toute seule, même si pas très rassurée de temps en temps. Et, pour finir, ce n’était pas trop dans mes principes de repartir avec un homme comme ça, que je connaissais à peine. C’était vraiment très rare. D’un autre côté, un peu de compagnie ne faisait pas de mal du tout. Je me souvenais alors que j’avais facilement cédé à la requête de Cameron d’aller boire un café avec lui, alors que je ne le connaissais pas plus que cet homme. J’étais vraiment compliquée comme femme … Je savais simplement ce que je voulais et ne voulais pas. Même si parfois mes actes pouvaient être paradoxaux.
Je fus tout de même bien surprise au moment où il donna sa carte bancaire au barman pour payer. Au moment où celle-ci allait aux mains du deuxième homme, j’avais rapidement aperçu quelques lettres du prénom et du nom de famille de son propriétaire. « Leon » et « Diede » était tout ce que j’avais eu le temps de voir. Cela ne me disait rien du tout sur le coup. Pourtant je me mis à réfléchir plus profondément. Ces deux pistes pouvaient m’aider plus facilement à trouver ce que je souhaitais tellement trouver. Quelques secondes plus tard, alors même que le paiement n’avait pas encore été effectué, je percutais enfin. Leonhart Diederich. De plus son accent à forte consonance nordique aurait du me mettre également sur la piste de ce dernier. Si c’était vraiment lui, je comprenais alors pourquoi son visage m’était familier. Il était apparu quelques fois dans les journaux ou dans les médias télévisés. Si j’étais moi-même une journaliste, je ne m’étais jamais penchée sur des recherches concernant l’armée et tous les projets qu’ils effectuaient, comme d’autres journalistes. Or cet homme était l’un des plus visés par la presse et les médias, pour la simple et bonne raison que sa position dans l’armée était inexpliquée et incompréhensible. De nombreuses rumeurs circulaient alors. Pourtant, cela devait bien faire quelques semaines déjà que je n’avais rien entendu sur lui. Visiblement d’autres événements les préoccupaient davantage que cet homme mystérieux. Par ailleurs, je pris tout d’un coup peur.
- No se puede evitar las fuerzas armadas ! murmurai-je pour moi-même en espagnol, ma langue natale.
Il était vrai que j’avais quelques problèmes avec l’armée ces derniers temps ou du moins, je sentais que cela ne tarderait pas à arriver. Ma peur se transforma alors en angoisse. Pourquoi avais-je été envoyée dans cet endroit ? Etait-ce un piège que les autres m’avaient tendu ? Je n’en avais aucune idée. En tout cas, cet homme ne devait pas découvrir que j’étais la journaliste Rose Light, responsable de l’article sur Nils Nansen. A moins qu’il ne le sût déjà et qu’il était tout simplement en train de m’observer et m’espionner depuis mon arrivée. Pourtant, cela me paraissait quand même assez gros puisque d’après ce que j’avais entendu comme rumeur, ce n’était pas du tout dans ce but qu’il travaillait pour l’armée. Du moins, je l’espérais vraiment. J’essayais donc de contrôler ma peur et ma pleine angoisse alors que l’homme avait terminé de payer et qu’il se leva enfin. Je l’observais pour savoir comment je devais réagir. Il me proposa alors de venir me balader avec lui. Déjà qu’à la base j’aurais refusé tout simplement parce que j’estimais que je ne le connaissais pas assez et que je me trouvais dans un petit village paumé, dans le noir et peu éclairé. Je n’étais vraiment pas rassurée du tout et je ne pouvais pas saisir les vraies intentions de ce dernier. Enfin, cette fois-ci, si des idées folles m’étaient venues à l’esprit, je pensais qu’il pouvait très bien souhaiter me coincer dans une petite ruelle afin de me soutirer toutes les informations qu’il souhaitait sur Nils Nansen. Ou bien tout simplement, m’arrêter par surprise une fois que j’aurais confiance en lui, pour m’amener dans leur base. Je levai donc la tête vers lui – car il était plutôt imposant une fois debout – et je lui souriais, pas du tout rassurée. Je n’avais vraiment aucune idée de ce que je devais faire désormais. J’étais tiraillée avec mes pensées.
De plus, si je refusais, se passerait-il la même chose qu’avec cet homme âgé, ivre et de l’armée à Gladsheim ? Je n’avais plus envie de revivre une telle chose. Vraiment pas du tout. Puis, j’étais toute seule cette fois-ci, pas avec mes amis et donc cela changeait la donne. Qu’allais-je devenir ? J’étais vraiment effrayée de refuser et finalement, de me faire agresser une nouvelle fois. Je devenais probablement paranoïaque, mais je préférais éviter le plus possible une telle situation. Je décidais donc de me résigner à accepter sa proposition. Je n’avais qu’à faire attention à tous ses gestes et ses paroles, tout comme les miens. D’un autre côté, le village était tellement petit que je ne voyais pas du tout où il souhaitait m’amener pour la promenade. La seule rue éclairée était la principale. Et je ne me laisserai pas emmener dans une petite ruelle sombre et sans lumières. C’était vraiment un choix difficile.
- Très bien, avec plaisir, répondis-je avec un énorme sourire qui montrait néanmoins toute la peur qui se lisait sur mon visage.
Je terminai rapidement ma bière et posai l’argent sur le bar pour payer la boisson. Je me levai alors de mon siège et le fixai. A lui de me guider maintenant, je n’avais vraiment aucune idée de l’endroit où il souhaitait se balader. »
Détails Âge : 28 ans Nation : United-Nation Langue : Bilingue
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 29.10.11 11:26
Elle acceptait. C'était aussi bien ainsi. Il ne l'invitait pas sans raison, et même si celle-ci pouvait lui paraître quelque peu grossière, il était préférable qu'elle agisse sans problème. Un nouveau regard autour d'eux, l'homme attendit alors que la jeune femme se lève pour sortir. Bien entendu, il la laissa passer devant ; c'était ainsi qu'un homme bien élevé se devait d'agir. Entre autre, il y avait aussi le fait qu'il ne pouvait pas lui faire plus confiance que les loups enragés qui se mouvaient dans la pénombre environnante. En sortant de l'établissement, il enfila son manteau noir, qu'il n'attacha pas, laissant les pans tomber contre sa taille. ... était-elle armée ? Il ne croyait pas qu'elle puisse être réellement dangereuse. Et n'était-ce pas pour cette raison qu'il l'avait invité ?
Quelques pas à l'extérieur et il se plaça à ses côtés. Les mains dans les poches de son manteau, il mena le pas, prenant toutefois attention à marcher au rythme de son invité. Ce n'était pas dans ses habitudes que de suivre la cadence d'une autre personne, mais là, il l'avait invité. La fraîcheur de cette jeune soirée était appréciable. Tout était calme. Dans ce genre de village, il ne s'y passait pas grand-chose. Ni avait, ni après la guerre. Si les environs avaient été défigurés par la sauvagerie des hommes, l'ambiance n'en changeait pas beaucoup. Il y avait toujours ce petit côté nostalgique, ce petit côté presque morbide. Des souvenirs, encore et toujours.
- "Pour une femme de Gladsheim, vous n'avez pas froid aux yeux pour venir visiter les bas-fonds du Noanjord." déclara-t-il en appuyant ses 'R'.
En quelque sorte, cette phrase lancée en l'air lui servait plus à tester si ses hypothèses étaient vraies qu'autre chose ; si elle était véritablement de la zone-capitale. En général, il ne se trompait que rarement sur ce genre de chose. Peut-être un sixième sens développé à force d'être chargé des communications pour les diverses armées.
- "Cependant, miss, malgré tout votre courage, vous ne devriez pas accepter les invitations de n'importe qui. Bien des hommes de ce bar auraient appréciés plus que moi que vous les suiviez."
Effectivement. Elle avait attiré l'œil dès son entrée, sûrement s'en était-elle rendu compte. Une rose magnifique au milieu des nénuphars provoquait souvent l'envie, le désir. Autant pour elle, peut-être s'en amusait-elle, peut-être cherchait-elle justement la provocation. Ou peut-être ne s'en rendait-elle justement pas compte. Peu importe. Leonhart Diederich respectait assez les femmes pour ne pas être de ces hommes ne voyant en elles que des objets de convoitise. Des femmes lui avaient ouvert les yeux sur le monde, des femmes lui avaient donnés chair et sang, amour et confiance. Pour cela, pour ces femmes qu'il avait aimés, il se devait de les respecter, et bien sûr, de les empêcher de commettre certaines erreurs.
Jetant un œil sur sa montre, l'un des pans de son manteau laissa voir la crosse noire du pistolet qu'il portait à la ceinture. Un magnifique Luger MKIII512, très loin des armes de base de l'Armée Unie. Il ne ressemblait pas du tout à l'ingénieur de l'armée que l'on pouvait imaginer.
- "Je vous conduis jusqu'à chez vous, miss ?"
HJ : Arf, désolé, c'est minuscule. Je me reprendrai au prochain post.
Invité Invité
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 29.10.11 12:26
« Il me laissa certes passer en première comme tout bon gentleman, pourtant cela ne m’empêchait pas de toujours et encore me méfier de lui. Je ne pouvais pas savoir du tout ce qui lui passait par la tête et je devais donc faire très attention. Je sortis du bar en remettant ma capuche. Il était vrai qu’il ne faisait pas trop froid et que l’air était plutôt agréable, mais assez pour moi pour ne pas me promener sans une protection sur la tête. Je n’avais aucune envie de tomber malade, notamment attraper une otite. Je ne les supportais plus du tout et c’était fort douloureux. Je n’avais pas besoin de fermer ma doudoune puisque je ne l’avais même pas ouverte en entrant au bar. Personne n’avait donc pu voir la façon dont j’étais habillée, même si ce n’était pas non plus les vêtements les plus jolis que je possédais. Un simple tee-shirt, caché sous un gros pull en laine pour me protéger du froid en plus de la doudoune par-dessus. Le pantalon, un simple jean. J’avais mis des chaussures qui me permettaient de marcher dans la neige et me tenaient chaud aux pieds en même temps. De toute façon, dans un tel endroit, cela ne servait à rien de bien s’habiller ou de porter des habits pour se mettre en valeur. Encore moins pendant l’hiver. Je marchais donc à côté de Leonhart, sans avoir vraiment si c’était moi qui suivait sa cadence ou lui la mienne. En tout cas, j’étais plutôt silencieuse pour l’instant puisque je ne savais pas du tout ce que je devais dire. J’avais la tête un peu baissée et les yeux rivés dans la neige qui recouvrait la route sur laquelle nous marchions.
Il ouvrit enfin la bouche et rompit le silence qui s’était installé entre nous et qui, pour avouer la vérité, me pesait énormément. Tout d’abord il déclara que j’avais beaucoup de courage pour venir dans un tel endroit. J’avais envie de sourire et de lui avouer que ce n’était pas pour cela que je me trouvais dans cet endroit, qu’il nommait les bas-fonds. J’étais une femme de Gladsheim, au moins pour cela il ne se trompait pas. D’un côté, je ressentis le besoin de lui dire que c’était le travail qui m’avait envoyée dans ce petit village, tout en lui précisant que je n’avais aucune idée de la raison de cela. Mais je me retins de parler pour ne pas trop lui donner d’indice concernant mon métier. Je devais le garder secret le plus longtemps possible. Ensuite, il aborda un thème un peu plus délicat. Je n’étais pas non plus si idiote pour suivre n’importe quel homme, même si c’était ainsi qu’il devait très certainement me voir à ce moment-même. S’il connaissait la vraie raison pour laquelle j’avais finalement accepté sa requête, je me demandai s’il comprendrait. J’étais angoissée et effrayée. Les souvenirs récents étaient encore bien douloureux et ancrés dans mon esprit. Il avait raison, je ne devais pas être aussi facile. En tout cas, si cela avait été un autre homme que lui, jamais je n’aurais accepté. J’avais envie de lui mentir tout en lui disant la vérité. C’était horrible la façon dont j’étais tiraillée par mes pensées et n’arrivais pas du tout à trouver la bonne solution. Pour l’instant, tout se passait bien mais tout pouvait dégénérer d’un moment à l’autre. Pourtant, alors qu’il me parlait de cela, je devenais confuse et je m’arrêtais sur le champ. Je voulais lui répondre quelque chose mais rien ne me venait à l’esprit, trop préoccupée par les pensées qui se bousculaient dans ma tête.
Il ne le remarqua pas tout de suite et il me distança de quelques pas avant de tout simplement me proposer de me raccompagner chez moi. Je commençai sérieusement à ne plus le comprendre du tout. C’était fort aimable de sa part de vouloir m’accompagner jusqu’à l’auberge dans laquelle je dormais pendant mon séjour. Au moins, je ne serai pas seule et je pourrais me sentir plus ou moins rassurée. Même si vu les circonstances, je ne l’étais pas spécialement. Mais pourquoi donc chez moi ? Il m’avait tirée du bar, alors qu’à la base j’avais voulu passer une soirée tranquille, puis il m’annonçait qu’il me conduisait jusqu’à chez moi. Après il s’en irait et puis c’était tout. J’avais du écourter mon temps calme dans le bar simplement pour revenir dans ma chambre et y rester, presque comme une prisonnière. Je ne pouvais pas saisir cette manière de penser, même si, je me doutais bien qu’il ignorait la raison pour laquelle je dormais dans une auberge et depuis combien de temps j’étais dans cet endroit, toute seule à ne rien faire. Parce qu’en réalité, c’était de cette manière dont je me sentais : prisonnière de ce lieu pourri, dans lequel je n’avais pas grand-chose à faire. Je ne voulais pas me faire raccompagner chez moi, simplement. Je rattrapai donc Leonhart et posai ma main sur l’un de ses bras. Alors que je voulais parler, je notai la présence d’un pistolet dans sa poche. Je n’avais aucune idée de la marque puisque je ne me connaissais pas du tout en ce qui concernait la balistique et les pistolets. Mais cela me fit tout de même bien peur car malgré tout, cela restait un engin pour tuer et il pouvait s’en servir à n’importe quel moment. Finalement je réussis tout de même à balbutier quelques maigres paroles.
- Attendez, pourquoi voulez-vous m’accompagner chez moi ? Je ne vous comprends plus. D’abord vous vouliez faire une promenade et maintenant vous débarrasser de moi.
Oui, j’étais persuadée qu’il me laisserait une fois que nous serions arrivés à l’auberge. Je devais avoir l’esprit vraiment très occupé pour ne pas penser à d’autres choses. Il aurait très bien pu rester dans le but de passer du temps avec moi. Que ce fût pour partager un repas ou tout simplement une nuit. A cet instant, j’avais envie tout simplement de rajouter bien des détails et autres informations sur ce que je pensais réellement, mais je faisais un énorme effort pour ne pas me compromettre de cette façon. Puis, il ne pouvait pas entrer dans ma chambre. Du moins, pas tout de suite. Je devais d’abord faire un peu de rangement pour cacher tous les dossiers qui traînaient sur le bureau. Si jamais il se mettait à lire certains, mon métier serait tout de suite découvert. Mais de toute façon, je n’y pensais même pas puisque pour moi, Leonhart était sur le point de m’abandonner en quelque sorte.
- Je ne suis pas là par ma simple volonté, sinon je ne serai jamais venue. Et, et si je sais que je n’aurais jamais du vous faire confiance, je …
Je baissai la tête, ne terminant pas ma phrase. Les souvenirs étaient trop douloureux, je ne parvenais pas encore à les éliminer. La plaie était encore trop ouverte pour que je pusse en parler sans aucun problème. Je relevai finalement la tête tout en espérant que ce dernier me regardait. Alors je mis toute la peur possible dans mes yeux et sur mon visage. J’étais réellement perdue en fin de compte. Je réagissais certainement très étrangement pour lui. Lui non plus, il ne devait pas comprendre.
- Ne … me laissez pas seule.
Ces mots sortirent de ma bouche sans vraiment que je ne les eus pensé la seconde précédente. Je ne savais pas, moi-même, pourquoi je prononçai de telles paroles. Mes yeux se rivèrent alors vers la neige encore une fois, évitant le regard de Leonhart. Je n’avais aucune idée de la façon dont il réagirait à cela. J’avais certainement du dire cela car j’étais sûre et certaine que je serai encore une fois seule. Même si cela me permettait de m’isoler un peu et de réfléchir calmement, une compagnie de temps en temps m’était nécessaire. Après tout, je haïssais la solitude. »
Détails Âge : 28 ans Nation : United-Nation Langue : Bilingue
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 29.10.11 13:31
La neige, fine, craquait sous ses bottes. Quelques pas et il s'aperçut qu'elle ne suivait plus. Il n'eut cependant pas le temps de se retourner avant qu'elle ne pose sa main sur l'un des bras de l'homme, lui faisant alors hausser les sourcils. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas vécu ce genre de situation. Lui qui dominait toujours la situation, lui qui faisait tout pour garder en mains toutes les cartes, il ne se sentait soudain plus aussi à l'aise. Loin d'être embarrassé, loin d'être choqué ou dégoûté. Non, juste… quelque peu surpris. Peut-être confus. À l'instant, alors que sa voix se glissait difficilement entre ses lèvres, elle parut si fragile. Une délicate petite fleur échappée sur la neige. Sur son visage, rien. En tant qu'homme, il aurait aimé la prendre dans ses bras pour la consoler, lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à être ainsi, qu'elle n'avait pas à avoir peur. En tant qu'homme, il aurait aimé agir de la sorte. Mais en tant qu'ex-soldat, en tant qu'ingénieur en chef, en tant que dirigeant, en tant que lui-même, il ne fit rien. Ni s'approcher, ni imager son visage d'une quelconque expression de sympathie. Il restait stoïque, comme à son habitude, comme si ce qui décorait les yeux de la jeune femme n'avait alors aucune répercussion sur lui. Froid. Juste froid.
Lorsqu'elle lui dit qu'elle n'était pas ici par sa bonne volonté, Leonhart plissa les yeux. Il y avait bien des raisons pour obliger une femme à se rendre là où elle ne voulait pas. Des raisons sociales, des raisons familiales, pour le travail, pour quelqu'un. Certaines de ces raisons pesaient plus lourdement sur la conscience de l'ex-soldat, qui serra la mâchoire. Était-on au courant de ses voyages à l'extérieur de la zone-capitale ? Était-on au courant pour les Skaženih Vovkіv ? L'avait-on suivi ? Il devait faire attention à ses faits et gestes pour que ceux-ci n'en viennent pas jusqu'aux oreilles du Général. En temps normal, il y arrivait sans problème. Aussi longtemps que la Dernière Guerre n'était pas officiellement terminée et que le monde ne pouvait se remettre correctement des séquelles sans craindre des représailles, il était aisé de se déplacer sans attirer les regards, même pour quelqu'un de son statut. Mais… pouvait-on l'avoir suivi ? Ou bien, l'avait-on trahi ?
D'abord, il chassa ces pensées de son esprit. L'important était de connaître la vérité et non d'étendre des scénarios sans queue ni tête. Elle pouvait bien avoir été envoyée ici pour satisfaire les caprices d'une famille excentrique ou pour fuir un époux dangereux. De toute manière, si elle devenait gênante, dans un trou perdu comme ici, il pouvait bien s'en débarrasser sans aucun problème.
Elle est cruelle, n'est-ce pas ? La vie. D'abord, elle te crève le cœur. Ensuite, elle te l'arrache sous tes yeux, elle l'écrase entre ses mains diaphanes et le pose juste devant toi, juste devant, juste là, juste pour que tu puisses la haïr un peu plus.
Cette jeune femme, dont il ne connaissait ni le nom ni le travail, ni les liens ni les préoccupations, cette jeune femme lui était difficile à regarder. Elle était belle, certes, une beauté qu'il n'en voyait plus beaucoup, aujourd'hui. Une douceur. Une fragilité qu'y l'attirait indéniablement. Et pourtant, elle était d'une cruauté… Doucement, il se pencha pour approcher son visage du sien, puis, sa bouche de son oreille. Il lui murmura quelque chose.
- "Je ne désire pas me débarrasser de vous, miss. Je vous ai invité à vous promener pour vous débarrasser de lui."
Il éloigna son visage juste assez pour que leurs visages soit au même niveau, face à face. Discrètement, il tourna les yeux pour lui faire remarquer qu'un homme du bar les avait suivi, et qu'il attendait patiemment, près d'un immeuble. Non, ce n'est pas par un quelconque plaisir libidineux qu'il l'avait invité. Juste parce qu'il avait remarqué ce qu'elle n'avait pas vu.
- "Je connais ces gens. Et vous ne seriez qu'une de plus sur leur tableau."
Il n'y avait pas de journaliste ou de caméraman, dans les environs. Il n'y avait personne pour avertir les autorités lorsqu'un délit était commis. Qui s'en occuperait ? Avec les attaques, les manifestations et les émeutes, qui s'occuperait d'une petite bourgade perdue au milieu de nulle part, qui s'occuperait d'un, deux ou même trois viols ? Personne. Ce village, comme bien d'autres semblables, était laissé à l'agonie. Le gouvernement n'avait ni le temps, ni l'argent, ni les ressources pour intervenir dans tous les petits villages oubliés par la guerre.
- "Vous serez plus en sécurité chez vous, miss."
Invité Invité
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 29.10.11 16:11
« Je ne remarquai pas du tout la façon dont il sembla se préoccuper lorsque je déclarai que je n’étais pas venue par moi-même. Le fait qu’il pût pensé qu’il était espionné ne m’effleura même pas l’esprit. Tout simplement parce que je ressentais, ou du moins, je craignais la même chose que lui. De plus, je savais parfaitement la raison pour laquelle j’étais à ce lieu, c’était à dire, pour travailler mais pas pour surveiller Leonhart Diederich. Alors que je réfléchissais, il bougea. Je ne m’attendais pas du tout à cette réaction soudaine et si surprenante tout de même. Il se rapprocha tellement rapidement de mon oreille, que je n’eus même pas le temps de réagir d’une manière quelconque. J’entendis ses mots qui me firent frissonner sur le champ. Je ne me concentrai même pas sur ses paroles, même si je les compris quand même. Je ne pris même pas la peine de tourner mon regard dans la direction qu’il me montrait discrètement. Je ne voulais même pas voir la personne qui nous avait suivis, si telle était la vérité. Quand son visage était face au mien, je plongeais mes yeux bleus dans les siens. Tout d’un coup, je me perdis dans ses yeux et je ne pensais plus du tout à rien. Je le fixai, simplement en espérant qu’il ne bougerait pas trop vite. Je n’entendis que vaguement, par la même occasion, les paroles qu’il formula par la suite. Elles rentraient par une oreille et sortaient par l’autre.
Quand il prononça le dernier mot, je repris tout d’un coup mes esprits. Je fis presque bouger ma tête de droite à gauche pendant quelques secondes. Et là, je le regardais une nouvelle fois, et je me sentais simplement comme celle qui avait saisi l’enjeu de ses paroles. Je devais rentrer chez moi pour être sécurité. Il était vrai que je n’étais pas du tout rassurée d’être toute seule dans un tel endroit. En refusant de prendre un caméraman avec moi, je n’aurais jamais cru que je tomberais dans ce petit village paumé et ruiné. Pourtant, cela ne pouvait pas m’empêcher de sortir et de faire ce que je souhaitais. Je m’ennuyais vraiment dans ma chambre, le soir, à rien faire. Ces trois derniers jours avaient été les plus durs depuis le début de l’année. Certes beaucoup plus calmes que tous les jours passés sur le terrain en Fédération d’Asie, qui avaient été, au contraire, très exténuants. J’ignorais désormais ce que je préférais en réalité : probablement un mélange entre les deux. Des jours où je travaillais assez pour ne pas m’ennuyer mais pas trop pour finir fatiguée à la fin de la journée. Bien évidemment, ces jours-là existaient mais étaient fort rares, malheureusement. Je n’en avais pas vécus énormément depuis le début de ma carrière. Pour cela, je commençai sérieusement à ressentir un besoin de compagnie dans ce petit village.
Je restai sans voix et sans gestes puisque j’ignorais totalement ce que je devais faire et ce que je devais lui dire. Puis finalement, je décidai, sans vraiment le tenir au courant, de prendre son bras et de continuer à marcher comme si de rien n’était. Toujours en silence, je marchais plus ou moins lentement. Je n’avais aucune idée si cela lui plaisait ou non, mais c’était une des possibilités pour faire croire à l’autre personne que j’étais déjà prise de toute façon. L’auberge n’était pas si loin que cela, vu que le village était tout petit, et nous arrivâmes assez rapidement à celle-ci. Quand je fus devant la porte de celle-ci, j’invitai Leonhart à la passer avec moi. Après cela, il pouvait faire ce qu’il souhaitait, bien évidemment. Rester ou partir. En tout cas, je le remerciai déjà pour ce qu’il avait fait jusque là pour moi ce soir. C’était certes peu, mais il m’avait tenu compagnie le temps de la route et cela m’avait rassurée. Même si, pour dire la vérité, j’avais été préoccupée par le fait qu’il pouvait être dangereux pour moi, pendant de nombreuses minutes.
Au début de la soirée, j’avais paru être une femme sûre d’elle, forte et surtout heureuse. Pourtant, maintenant j’avais l’impression de ressembler à une femme anéantie, torturée et position de faiblesse. L’aubergiste nous observa avec un œil presqu’interrogatoire. Depuis ces trois jours, je n’étais encore jamais sortie le soir et je ne ramenais personne à l’auberge. Mais il ne posa aucune question, ce n’était pas du tout son travail et surtout, ses affaires. Je lâchai le bras de Leonhart, même si je sentais que je n’en avais pas spécialement très envie. Je me tournai vers lui alors.
- Je comprendrai que vous ne vouliez pas rester avec moi …, dis-je en murmurant afin qu’il fût le seul à m’entendre.
Je baissai la tête, comme une enfant qui était sur le point de reconnaître une bêtise devant ses parents, et qui était effrayée de la réaction de ceux-ci. Je soupirai longuement et j’enchainai avant même de lui laisser le temps de dire quoique ce fût.
- Mais j’aimerai, malgré tout que vous me portiez compagnie, si cela ne vous dérange pas. Je suis toute seule tout le temps, cela commence à me peser.
Je n’osai encore relever ma tête. Je sentais que le rouge m’était monté aux joues et je n’avais pas envie de lui montrer que j’avais rougi en disant cela. Je ne pensais à rien de spécial puisque je n’étais pas le genre de fille qui couchait à droite et à gauche avec tous les hommes, voire même ceux qu’elle ne connaissait pas. Avoir besoin de compagnie, cela pouvait très bien signifier simplement avoir besoin de parler à une personne. Bien sûr, avec Leonhart ce n’était pas spécialement facile puisque je devais faire très attention à mes paroles. Pourtant, je me sentais prête à supporter un tel défit et surtout à le relever. Par ailleurs, cet homme ignorait totalement que je savais qui il était vraiment. Au contraire, il ne savait pas qui j’étais et je pensai que c’était le moment pour se présenter, mais je ne le pouvais pas. Je n’avais aucune envie de lui mentir sur mon identité. Tant qu’il ne me la demandait pas lui-même, je n’étais pas disposée à la lui révéler. Pour l’instant, j’attendais ce qu’il déciderait. Je pris enfin mon courage à deux mains et je levai la tête pour me confronter à son visage, ses yeux et ses réactions. »
Détails Âge : 28 ans Nation : United-Nation Langue : Bilingue
Sujet: Re: "Pretty woman walking down to the bar" [PV Leon] 03.12.11 19:18
La proximité est une chose étrange. Dans certains cas, nous la recherchons, nous la désirons. Ardemment ou frénétiquement. Dans d'autres cas, néanmoins, elle nous répugne, nous agresse. Proximité des corps, proximité des idées, proximité simple. En temps normal, il y a cette règle qui pousse à abhorrer la proximité d'un inconnu, à repousser, à s'éloigner. Apprécier celle des amis, des amours.
Leonhart Diederich avait cette habitude de n'être régi que par la dominance. Dominer celui qui se doit d'être inférieur, dominer celui qui ose s'élever au-dessus de ses droits. Dominer pour ne pas être dominé à son tour. Car l'homme est un loup, et les loups n'aiment pas être dominés, ni par les principes, ni par les attentes des autres. Ainsi, la proximité suivait cette règle de domination. Pénétrer la faille de l'autre, écraser l'insecte sous son pied pour mieux le mater, mieux lui faire comprendre dans quel sens s'élevait la hiérarchie. Toutefois, cela était bon sur un plan professionnel. En privé, c'était différent.
Les yeux à l'horizon, il continua à marcher, suivant alors la cadence de cette jeune femme. Une réaction ? Non, aucune. Lorsqu'elle lui prit le bras, il ne réagit pas, comme si ce geste était d'un naturel. Être expert, on pourrait déceler un léger trouble, une préoccupation à peine remarquée. Mais pour l'œil commun, il ne restait qu'un homme froid, inexpressif et profondément silencieux. Il se fondait bien à l'ambiance du moment. Le silence. Le calme. Dans ce petit village où l'air frisquet avait tôt fait de dégarnir les rues, il résidait une ambiance sombre. Loin du brouhaha de la capitale, loin des batailles, loin du monde, en fait. Dans ce silence qui le définissait sous toutes ses coutures, Leonhart Diederich raccompagna donc la jeune femme aux yeux brillants jusqu'à son auberge. Il allait certainement la quitter, disparaître de sa vie comme il y était apparu. Le temps d'un regard d'oiseau sauvage, le temps d'un battement d'aile. Mais elle ne semblait pas du même avis. Il ne comprit pas spécialement la raison pour laquelle elle tenait à remettre en cause son désir de rester à ses côtés. L'avait-il mal jugé ? Était-elle de ces femmes faciles qui s'entichent rapidement ?
Les lueurs tamisées de l'auberge faisaient danser quelques ombres sur le visage naturellement peu expressif de l'homme. Les yeux assombris par ce sérieux qui lui rongeait l'esprit depuis maintenant plusieurs années, il étudia son interlocutrice. Ses traits étaient si fins, si raffinés. Sa peau était claire comme la rosée, sa chevelure était tout simplement magnifique. Avoir eu plus de liberté dans ses propres mouvement, il aurait tant aimé glisser sa main dans ces cheveux sauvages. Comment dire ? Il avait un faible pour les blondes.
Ce qu'il déclara ensuite lui fit hausser les sourcils. Elle ne semblait pourtant pas à l'aise en sa compagnie, mais elle souhaitait qu'ils restent ensemble, un moment. Si fragile dans ses propos, elle lui paraissait faible, douce, en manque de protection. Au fond, Diederich était fait pour être père. Mari, amant, père et soldat.
- "Solnychka" susurra-t-il avec ce petit quelque chose d'intime que pouvaient cacher les mots doux.
Tout naturellement, sa main gauche, enveloppé d'un éternel gant noir, effleura le bout d'une mèche de la jeune femme. Comme réservé. S'interdisant plus.
- "Ne craignez-vous pas que je profite de vous, miss ?" avoua-t-il alors, dégrafant un bouton de son manteau. "Peut-être ne suis-je qu'un menteur. Peut-être suis-je de mèche avec l'homme qui vous suivait."