Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé]
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Sujet: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 16.07.11 15:27
10 janvier 14H40.
Le bruit monotone des gouttes de pluie glissant sur les vitres de l'imposant véhicule berçait doucement les deux hommes. L'un déjà en partie emprisonné dans les bras de Morphée, tandis que les crachats émis par la radio inondaient l'habitacle tout en assourdissant deux paires d'oreilles distraites. Le contact glacé du verre contre son visage,le maintenait éveillé lorsque ses paupières lourdes décidaient d'ignorer le paysage routier s'étendant à perte de vue. La ceinture de sécurité boudée, les genoux repliés en position fœtus, l'individu appuya d'avantage son dos contre son dossier pour trouver une position plus confortable, tout en remontant d'une main malhabile la veste qui le protégeait de l'air frais. Depuis plusieurs minutes, le conducteur cherchait vainement une station qui ne relatait pas le même discours secouant depuis peu la Fédération d'Asie. Lasse, il reporta son attention sur son allure et attendit que son voisin ne se dévoue à prendre le relais. L'autre ne bougea pas, concentré alors sur la voix du chroniqueur. Des souvenirs vagues, mal dessinés se bousculaient dans sa tête. C'est là-bas, qu'il se rendait, une commande importante nécessitait sa venue et rapide fut sa décision. Il comptait faire acte de présence -pour une fois, de quoi ravir ses collaborateurs impatients et pressés craignant la stagnation de leur entreprise. Mais ceci était une autre histoire, le passager s'attardait sur cette voix lointaine, au ton froid et neutre, il décrochait lentement devant un défilé répétitif de mots et d'expressions rabâchés sur la fréquence : ville victime d'un assaut destructeur, des innocents, des morts, terrorisme, peur, pagaille, impuissance, gouvernement égoïste. Tout se consumait en une fumée de soufre, de constats dérisoires, contre lesquels, il ne ressentait ni compassion, ni aucun autre sentiment en mesure de l'arracher à cette indifférence tenace.
Heihe pleure sous un ciel couvert. Les habitants insurgés s'exclament sans obtenir gain de cause. Une partie de la ville sanguinolente ravagée par les flammes, l'odeur de la chair léchée par le feu assassin, et un retour au calme difficile. La tension est palpable, les survivants se dévisagent en chien de faïence, alors que l'autorité locale tente de rassurer les plus inquiets. Le début de l'après-midi se déroula sans embûche, à l'avance sur l'horaire, le récepteur du colis s'autorisa un petit saut dans les alentours de la ville. Temps arrêté, leur coeur ne battait plus. Les images se répétaient, celui d'explosions intenses, de nuages de fumée immenses et une terreur pétrifiante. D'un oeil méticuleux, sans ciller, il regardait cette démonstration de violence, d'acte gratuit, sans commentaire. Peut-être trop parfait trop réussi, susceptible d'éveiller une pointe d'irritation, de jalousie en lui, puisqu'il n'était pas l'auteur d'un tel fiasco. Toutefois, en allumant une cigarette, il garda le silence et écoutait au comptoir d'une terrasse épargnée par les débris de l'attentat, les conversations des clients encore bouleversés. Un sourire amusé dévoila sa dentition, sans aucun doute, allait-il être contacté par ce cher mécène. Cet homme au visage dissimulé dans l'ombre à fournir des indications déplaisantes. Qu'allait-il se passer maintenant ? Et si un membre de sa propre organisation avait commis cet affront sans le revendiquer ? Il s'avérait étrange qu'un membre du Lao Yin Chi ne brandisse pas haut et fort son étendard taché de sang. Même le chef restait persuadé que rien de ceçi n'était en rapport avec les extrémistes de sa trempe, absolument rien à voir. Quand bien même l'accusation leur tomberait au coin de la face, dans la joie la plus perverse, il apprécierait d'en assumer la responsabilité.
La colère incontrôlable des citoyens voguait dans les airs, telle des flèches acérées, projetées sur l'ennemi. Le mécontentement de la foule, le tenait en éveil, combattant la torpeur envahissante, dans le but d'interpeller son esprit, d'attirer sa curiosité sur ces évènements naissants de ce monde en perpétuelle décadence. Comme tout voyeurisme attiré vers le chatoiement d'une agitation imprévisible déployée dans les secteurs massacrés de cette ville atrophiée, il se dirigea lui-même vers la zone précédemment touchée. Il lui fallait à son tour reconnaître les marques ou indices appliqués par ses camarades, contrer cette incompréhension générale qui désirait débusquer le coupable et perturbait ses habitudes, sa manière de se comporter. Ainsi, il n'aurait plus de raison d'écouter ces voix avec une curiosité feinte, de chercher une explication valable envers cette situation sur laquelle il n'exerçait aucun contrôle.
Quelques regards intrigués se tournèrent sur la silhouette de ce touriste. Si ils fuyaient le désastre lui courrait jusqu'à son origine. Le pas mou, une de ses getas plongea dans une flaque vestige d'une pluie fine tombée en fin de matinée. Le bruit sourd du bois contre le béton annonçait sa venue, bien qu'il ne s'en souciait guère trop occupé à s'égarer dans ces rues qu'il n'avait fréquenté qu'une seule fois. Lui aussi avait déjà accompli une mission dans cette ville, quelque chose d'inoubliable à son goût. Ces habitants s'en souvenaient-ils ? Avaient-ils tous peur ? Si c'était le cas, tant mieux. Après avoir rangé sous le bras un parapluie acheté dans une boutique bon marché, il noua prestement sa veste sur un jean à la texture complétement usée, trouée au niveau des genoux, laissant entrevoir un haut à manches courtes. Les yeux levés vers le ciel durant quelques secondes, il reprit aussitôt sa marche. Il restait encore du temps avant de retourner à ses occupations...
Parsemées en petit groupe, le secteur semblait avoir été bouclé et mis en quarantaine par les quelques autorités suffisamment courageuses pour s'y maintenir. Qu'y avait-il à cacher ici ? Et ces bâtiments carbonisés, à l'accès interdit, que contenaient-ils ? L'individu resta plusieurs minutes sur le trottoir d'en face à observer les déplacements incessants, jouant le promeneur faussement intrigué. Un faux calme régnait, il le sentait. Cela creusa d'avantage les rides au plis de ses lèvres pâles, sous la forme d'un rictus mécanisé. Qu'il aimait ressentir la nervosité, l'effroi chez ces êtres faibles. Tournant, la tête, l'attitude d'un homme attira son attention. Que faisait-il celui là ? Perdu le gugus ? Fronçant les yeux, ces derniers s'écarquillèrent, les muscles soudainement braqués. C'est dans cet instant bien précis que de trouver une canette par terre se révélait bénéfique. Affichant une splendide grimace, il défit progressivement l'une de ses chaussures, la prit en main tout en réduisant la distance avec sa cible. Puisqu'il ne semblait pas y avoir un chat qui vive dans le quartier autant profiter de cette occasion pour frapper.
L'autre n'aurait pu voir le coup arriver et en effet, c'est en pleine face qu'il reçut un projectile surgit de nulle part. Le pauvre chuta en arrière et se retrouva à moitié sonné, se massant sa tête devenue douloureuse. Dans son dos une voix aux intonations asiatiques s'éleva. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que cette dernière semblait se moquer légèrement de son état. Il prit la peine de se retourner pour dévisager l'intrus.
« Oh bas tiens, c'quoi ça ? »
Alarmé, l'homme n'eut pas le temps d'empêcher son interlocuteur de lui chaparder sa caméra. Le regard courroucé, il s'apprêta à rétorquer devant cet homme visiblement peu enclin à faire preuve de courtoisie et prêt à reposer docilement l'objet sur le champ. Lorsque les mots commencèrent à s'échapper, la crapule en question ne put s'empêcher d'anticiper sa réaction.
« Laisse tomber, j'capte pas ta langue pourrie mon petit... Qu'est-ce que tu fous ici tout seul ? T'as pas peur de crever ? »
Ton mordant et grand sourire. Satisfait et jamais remboursé.
Dernière édition par Feng Dian le 05.08.11 14:57, édité 1 fois
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Sujet: Re: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 16.07.11 16:41
« La nouvelle se répandit à une vitesse phénoménale. Seulement deux jours après la mort du Président de la Fédération d’Asie et donc le remplacement de celui-ci par Luo Yuan, la ville de Heihe fut touchée par un attentat. Aucune revendication n’avait été faite, pas même des célèbres terroristes du groupe Lao Yin Chi. Tout le monde avait cédé à la panique et les autorités locales tentaient de les calmer. Les rues de la ville semblaient désertes, sauf à l’endroit de l’attentat où certaines personnes se pressaient encore pour voir les événements. De plus, les journalistes rodaient toujours dans le coin à la recherche de toutes les informations possibles afin de le relater dans les médias le jour-même. C’était pour cela que j’avais été envoyée en mission là-bas avec une équipe de quelques caméramans. En effet, malgré mon passeport, je ne devais jamais être seule dans une ville de la Fédération d’Asie. Nous ne savions jamais sur qui nous pouvions tomber. En tout cas, j’avais été contactée le jour-même du terrible attentat afin de m’y rendre. Je me trouvais alors à Haskovo pour une autre mission confiée auparavant. Mais l’attentat était le plus important et je recevais un billet d’avion direct et rapide. Je ne tardais donc pas à m’exécuter. Sur place j’allais retrouver les autres personnes censées travailler avec moi.
La première journée, à savoir dès notre arrivée, nous avions du inspecter un peu les lieux pour déjà donner, en direct, les quelques petites informations que nous avions trouvées. Elles étaient minimes. Tout comme les interviews. Les locaux ignoraient totalement la manière dont tout cela s’était déroulé, ils avaient juste entendu les explosions. En tout cas, rien n’avait été épargné et les feux s’élevaient encore haut dans le ciel, tard le soir. La journée suivante, nous avons interrogé de nouvelles personnes pour avoir de nouveaux témoignages. La peur de la veille n’avait toujours pas cessée. Les lieux de l’attentat étaient bondés de monde, d’autorités en tout genre et surtout, de journalistes. Beaucoup plus que la veille. Cela était tout à fait normal, tout le monde souhaitait être mis au courant. Dès qu’un événement majeur se produisait, tous les journalistes se retrouvaient au même endroit. De mon côté, j’essayai à nouveau d’interroger certains policiers mais aucun ne voulait nous parler. A chaque minute qui passait, les corps des victimes de l’attentat étaient sorties des décombres et apportées sur des civières puis emmenées par les ambulances. Tout cela était vraiment tragique. Je ne me souvenais pas encore avoir vécu un tel massacre depuis bien longtemps.
La troisième journée s’annonçait la même. De nouvelles interviews et interrogations des locaux, qui ne changeaient toujours pas leurs témoignages. Personne ne souhaitait réellement dire ce qu’il s’était passé. Nous n’avions pas le droit d’avoir des renseignements sur les objets qui avaient été brûlés. Probablement des documents très importants pour l’Etat si c’était aussi bien gardé. Enfin, à cet instant, parce que si cela avait été le cas, cet attentat n’aurait jamais eu lieu. Je m’ennuyais déjà mais je me devais de rester sur place encore pour longtemps certainement. Je ne pourrais rentrer que chez moi lorsque le calme sera venu après la tempête. Les personnes qui regardaient les informations avaient besoin de tout savoir, leur soif était sans limites. Alors nous devions leur en procurer autant que nous pouvions aussi longtemps qu’ils le souhaitaient nécessaire. C’étaient eux qui réclamaient des nouvelles et s’ils n’en avaient pas, ils estimaient que nous leur cachions la vérité. Pas donc de choix, je ne savais vraiment pas du tout combien de temps tout ce remue-ménage durerait encore. Ce qui m’embêtait un peu puisque je ne m’imaginais pas passer des semaines entières à présenter le même événement et de faire tous les jours la même chose en guise de travail.
Mes collègues et moi avions donc décidé de prendre un petit café dans un bar afin de nous ressourcer. La matinée avait été longue et identique à celle de la veille. Enfin, sans compter avec la pluie qui s’était invitée depuis quelques heures déjà. Elle nous empêchait de filmer la scène de l’événement et surtout d’avoir des images assez nettes. En tout cas, heureusement que je n’étais pas seule, sinon je savais parfaitement que je ne tiendrais pas tout le temps. Seul le caméraman n’avait pas encore envie de boire un café. Je le connaissais plutôt bien depuis le temps et il n’était pas du genre à être avec les autres. C’était un homme solitaire, passionné par son travail et il restait avec sa caméra dans sa main aussi longtemps qu’il le pouvait. Il nous avait donc prévenus qu’il serait juste devant le bar et qu’il filmerait encore un peu les alentours. Les images n’apparaîtraient certainement pas par la suite au montage, mais cela ne le préoccupait que guère. Nous le laissâmes donc seul, comme il nous l’avait demandé. Dans le bar, pendant que nous discutions et buvions le café, nous ne nous attendions pas à ce qui s’était déroulé ensuite.
Je retournai à un moment ma tête et vit le caméraman par terre, se massant la tête. Un autre homme se tenait debout à côté de lui et avait sa caméra dans la main. Je compris tout de suite qu’il se passait quelque chose d’étrange. Je ne mis pas deux secondes pour réagir. Je me jetai tout de suite hors du bar, sans payer et sans concerter mes collègues. Personne n’avait le droit de s’attaquer aux membres de mon équipe. Je me doutais bien, ou du moins le pensais, que c’était un vol et que l’homme allait bientôt s’enfuir avec la caméra. Je ne pouvais pas tolérer une telle chose. Non seulement parce que c’était notre outil de travail et donc elle nous était indispensable, mais également parce qu’elle était importante pour mon collègue. Je sortis donc du bar, complètement en colère. Or il était bien rare que je me mettais en colère. Sauf que les journées où cela arrivait, il valait mieux ne pas être sur mon chemin. Je tapais donc l’homme dans le dos – il ne m’avait pas vue arriver heureusement – et reprenais la caméra instantanément en profitant de sa surprise. Je marchai deux ou trois pas plus loin avant de me tourner vers celui-ci.
- Non mais ça va pas la tête ou quoi ?! Pour qui vous vous prenez ?
Après tout, en quel droit il avait la possibilité de frapper le caméraman avec une canette ? Comment osait-il se moquer de lui ? Et encore pire ! Comment pouvait-il lui prendre sa caméra ? Il y avait différentes manières d’aborder une personne. Or je savais très bien que mon collègue aurait été ravi de lui montrer sa caméra et de lui expliquer les fonctionnements, si seulement l’homme le lui avait demandé correctement. Maintenant, j’étais en colère et je n’allais pas me dégonfler de si tôt. Cet homme qui m’était pourtant inconnu n’allait pas passer un bon quart d’heure … Il n’avait vraiment pas qu’à tenter d’agresser un de mes collègues ! »
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Sujet: Re: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 17.07.11 6:47
Chose facile de blesser. Aisé de détruire, pulvérisez une vie, n'attendre aucun pardon, ne jamais s'essayer aux confessions. Ne vivre que par le conflit, réduire le souffle des combattants prônant la paix. Entrainé à être guidé par les mêmes ambitions monstrueuses et destructrices, avec excès, sans dégoût, ni ennui. Pourtant, il vivait, accablé par la morosité, pris dans un cercle vicieux, incapable d'y d'échapper. Sombré, il avait vu les fondations s'écrouler brutalement en l'espace de quelques mois, ne supportant plus les mensonges si longtemps gardés comme seule protection sur leur carapace molle. Silence. Il ne devait pas penser à cela, percevoir cette voix durement réprimée qui tentait souvent d'apparaitre à l'improviste. Ni même remettre en question la plupart de ses agissements. Même si en réalité, dans le feu de l'action, il n'y prêtait pas la moindre attention. Le regard flamboyant, proclamant sa victoire, d'un air narquois, le terroriste en chef se délectait de la sordide situation dans laquelle, il avait osé plonger le cameraman.
Et cet instrument entre ses griffes, surement l'œuvre de toute une vie, qui ne tarderait pas à voler en éclat, à briser l'existence d'un homme trop aventurier. Alors mon garçon, ca faisait quoi de se retrouver misérable, réduit à l'état d'incapable ? Allait-il se relever ? Se battre contre lui en pleine rue ? L'idée demeurait délectable, le voyou s'en réjouissait d'avance, prêt à rétorquer violemment contre cet adversaire improvisé. Sans attendre de réponse, c'est son pied encore pourvu d'une chaussure qui percuta le visage de sa victime, un ricanement filtra de sa gorge. Crève, crève, enflure, tu ne l'emporteras pas au paradis. Toi et et les tiens, vous mourrez tous. Tous sous les détonations des bombes et des fusillades orchestrés par le Lao Yin Chi, votre seule récompense, pour la vermine que vous représentiez à l'égard de ses yeux haineux.
L'homme gémit, accroissant cette excitation mal contenue. A deux mains, il vit son précieux bien monter vers le ciel, presque suspendu par l'autre crapule. Il devina ses attentions. Comment pouvait-il se comporter de la sorte ? Quelqu'un ! Arrêtez le ! Feng allait éclater la camera contre le sol, la réduire à néant, totalement inutilisable et savourer la détresse de l'uni, lire la consternation dans son regard et en rire, se moquer avec jouissance et complaisance. Acte réalisable et immanquable, écraser ensuite avec son pied et massacrer sans scrupules, sans hésitation. Un dernier mot avec qu'il exécute sa sentence ? Viens mon grand, viens ! Viens te défendre, viens sauver ce que tu chéris et réalises à quel point tu es faible. Que ta vie ne vaut rien, strictement rien !
« Tu vas pleurer ta mère... »
Malheureusement le plan tomba à l'eau. Feng manqua de lâcher sa victime -la camera- lorsqu'une masse inconnue vient lui donner un coup en traitre. Trop pris dans son extase, il avait omis cette éventualité et cela ne fit qu'augmenter sa mauvaise humeur. Ses yeux glacés fusèrent instantanément sur le preux chevalier qui avait secouru in extremis de ses mains le malheureux outil. Il resta bouche bée. Une furie blonde se retourna dans sa direction apparemment aussi enragée que lui. Du moins son irritation dégringola en chute libre devant cette surprenante apparition. Bien qu'idiot, insensible et indifférent aux choses l'entourant, c'était bien la première fois qu'une femme -qui plus est une femme de cette maudite United-Nation- osait ainsi le toucher, lui le leader du Lao Yin Chi. Ce simple contact eut don de l'horripiler et lui donner envie de se laver durant une journée entière et dieu seul savait qu'il préférait s'en passer. Toujours sous le choc, il resta pétrifié à dévisager la jeune femme en silence sur un temps infime. De quel droit attaquait-il cet homme ? Si il avait pu comprendre un mot de ce que venait de dire la jeune femme, surement aurait-elle subi sa rage à son plus grand malheur. Car, ici, il avait tous droits, il était dans son pays, oui Son pays et il ne voulait pas le voir souiller par leur simple présence.
« Nationalistes de merde, vous servez à rien... »
La réponse qu'il adresse sur un ton acerbe à la jeune femme. Il ne comprenait pas sa langue mais pouvait en comprendre le sens, la colère enfouie et explicite. Cela le relança dans ce manège auquel il jouait, ce jeu dangereux où s'adonner à la cruauté demeurait son divertissement favori. Et cette idiote, elle n'avait rien à voir avec ce qu'il avait déjà rencontré au cours de sa misérable vie. Le genre en tête d'affiche de revues, qu'on trouve à la télé, si parfaite, sans imperfections à l'inverse de lui, être puant et sale, habitué à la misère. Ce genre de créature, qu'il est interdit de toucher, à qu'il ne faut pas adresser la parole sous peine de mourir désintégrer par la foudre. Un sourire. Etait-ce son jour de chance ? Il l'imagina alors, ce joli minois défiguré par l'horreur, le corps affalé sur le trottoir baignant dans son sang. La douce enfant aurait moins fière allure alors, c'est vrai les squelettes se ressemblaient tous une fois pourris.
La main du terroriste descendit lentement contre son corps, jusqu'à la poche de son pantalon. Agresser des civils en pleine rue, une idée digne d'un fou. Un fou comme lui. Et c'est son plus beau sourire, triomphant qui éclaira son visage à l'étonnement de tous. Sortir son arme, tirer, atteindre sa cible et partir après avoir craché sur le cadavre de deux unis. Un programme très intéressant pour aujourd'hui. Sa main continua de tâter, mais, n'ayant aucune emprise sur ce qu'il cherchait, l'asiatique se mit à tapoter ses autres poches nerveux, puis celles de sa veste. L'espace d'une seconde, il réalisa trop tard son erreur et croisa furtivement le regard des deux autres protagonistes, une expression d'abruti inscrite sur ses traits encore juvéniles...
« Shit, Shit et Shiiit !!! ».
Il s'exclama à haut voix, se massant l'arrière du crâne, l'air désespéré. Quel idiot ! Il devait avoir oublié son arme soit dans la boutique aux parapluies, ou soit dans ce bar. Non sérieux, plus stupide tu meurs. Et il tenait à ce revolver, il avait pris soin de lui pendant deux années consécutives et voilà qu'il l'égarait dans cette ville. A qui la faute ? Comme-ci cela ne suffisait pas, son boucan attira un homme un uniforme jusqu'à eux. Le cameraman qui avait eu le temps de se révéler, regarda Feng s'agiter déconcerté par son comportement étrange, puis tourna aussitôt la tête dans la direction, du nouveau venu : «On peut savoir ce qui se passe ici, un problème ? » Le fédéraliste quant à lui en l'entendant les interroger stoppa net ses agissements avant de rétorquer sur un ton agacé. « Mais, non, y a rien, j'leur fait visiter. Va voir ailleurs si j'y suis... » Il devait trouver une diversion, du moins une solution pour se sortir de ce mauvais pas. Car, il n'avait pas envie d'aller faire un tour dans un poste de police, et répondre sagement aux questions qu'on lui poserait. Un nouveau coup d'oeil en direction de la blonde et une idée saugrenue apparue. Voyant que le policer à son tour observait la charmante demoiselle, Feng s'interposa entre elle et lui, afin d'éviter qu'une conversation ne s'engage :
« Et arrêtes de mater ma copine comme ça, ok ?! »
Sans plus attendre, , il rompit la distance et attrapa le bras de l'inconnue en souriant. Un sourire agréable différent de son attitude passée, de quoi la rendre folle à son tour, et il le pouvait. Resserrant son emprise autour du bras, il commença à la tirer sur quelques mètres loin du policier perplexe.
« On y va Darling, vaut mieux pas trainer là, hein ? » Un Feng Dian désarmé doit toujours avoir une roue de secours...
[HRP : Sorry pour les fautes, je corrigerais plus tard >_<]
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Sujet: Re: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 25.07.11 12:20
« Bien évidemment que j’avais aperçu cet homme descendre son bras afin de prendre quelque chose dans une des ses poches, probablement. Je m’imaginais tout de suite une arme quelconque. Un couteau ou un pistolet. De nos jours, on utilisait davantage les pistolets, c’était bien plus pratique. Mais souvent, de nombreuses personnes – du moins je parlais des bandits – préféraient l’usage des couteaux, faute de financement. Il était bien clair et net que cela leur revenait beaucoup moins cher. Or, même si le couteau était beaucoup moins efficace, ils pouvaient tout de même blesser avec voire même tuer si le coup était vraiment très bien placé. Je commençai donc réellement à paniquer, même si j’étais en colère. Nous n’avions rien pour nous défendre. S’il dégainait rapidement, nous n’avions même pas assez de temps pour fuir. Nos autres collègues étaient restés dans le café et nous regardaient pas la fenêtre. Cela avait encore plus le don de m’énerver. Après tout, ils étaient avec nous, ils pouvaient nous venir en aide également. L’un d’eux était capable de se faufiler doucement derrière le bandit pour lui attraper les mains et le bloquer. Pas besoin de le frapper pour le faire tomber dans les pommes, à moins que ce ne fût vraiment nécessaire. Je n’étais pas vraiment pour la violence gratuite. Alors le fait qu’ils avaient beaucoup trop peur pour agir me nouait les tripes et j’avais aussi envie de leur crier après.
Mon caméraman et moi n’avions pas bougé. Désormais, tous les regards alentours étaient braqués sur nous. Tout le monde s’était arrêté simplement pour nous fixer et personne n’osait aider. Tous des peureux. Devant autant de pathétisme, j’avais envie de vomir tout simplement. Mais je me concentrai toutefois sur l’homme qui nous harcelait. Il était beaucoup plus important pour l’instant. Je me doutais bien qu’il était assez fou pour nous blesser, même en pleine rue, en plein jour et surtout, devant autant de regards. Pourtant, tout d’un coup, il eut un air idiot et se rendit compte certainement du fait qu’il n’avait aucune arme. J’étais rassurée. Il jura en anglais. Je me demandai donc s’il savait ou non vraiment parler anglais. Tout à l’heure, il nous avait répondu en chinois. De mon côté, je ne le comprenais pas du tout. Du japonais à la rigueur, mais pas de chinois. Pour cette raison, il était plutôt difficile de communiquer avec cet homme. Faisait-il exprès de ne pas parler anglais ? En tout cas, je ressentis au moins une chose, et pas des plus moindres. Il semblait vraiment porter une haine enragée envers les nationalistes. Après tout, c’était compréhensible, il était fédéré et dans son territoire. Cela ne changeait pas le fait qu’il n’avait pas non plus vraiment le droit de nous attaquer en pleine rue, simplement pour une histoire de nationalité !
Je remarquai alors que la tête du caméraman se tourna vers une autre direction que celle du bandit. Je fis de même et je notai la venue d’un homme en notre direction. Je reconnus bien sûr l’uniforme des autorités locales. Je m’imaginai donc enfin que nous étions sauvés et que l’homme se chargerait de notre agresseur. J’allais donc appeler la traductrice afin de comprendre le policier et de pouvoir lui expliquer ma version des faits. Je me doutais bien que le bandit n’en resterait pas là, il tenterait par tous les moyens de s’en sortir. Malheureusement, le policier parla directement en chinois, la traductrice ne sortit pas du café et donc le bandit put répondre en chinois également. Je ne sus pas du tout ce qu’il avait dit. Alors que je souhaitais répliquer afin de m’imposer, mais l’homme bondit devant moi et s’interposa entre le policier et moi. Il se mit alors à crier et je ne pus pas dire quoique ce fût. Encore une fois, je ne compris pas du tout et la situation commença alors à me dépasser. J’étais vraiment perdue. L’agresseur me prit soudainement par le bras et me tira vers lui. Il me sourit tout de suite. Un sourire qui me rendit folle de rage. Même si pour l’instant je ne saisissais pas vraiment encore ce qu’il souhaitait faire. Il réduisit encore une fois la distance entre nous en resserrant l’emprise sur mon bras. A cet instant je maudis non seulement l’homme mais aussi tout mon être. Cela faisait depuis plutôt longtemps qu’un homme ne m’avait touchée et était si près de moi. Je ne me laissai pas approcher aussi facilement à la base. Alors je ressentis une sensation qui parcourut tout mon corps. C’était vraiment la dernière chose à laquelle je m’étais attendue et ce n’était pas peu dire que la colère était de plus en plus intense.
L’homme me tira par le bras quelques mètres plus loin afin de m’éloigner du policier. Je me doutais bien évidemment que son but ultime était tout simplement de m’empêcher de m’entendre avec ce dernier. Il m’obligeait en même temps de lui sauver la donne pour qu’il ne finît pas dans un poste de police. C’était horrible. Il osait nous agresser puis se servir de moi pour sa petite satisfaction personnelle. Je n’avais encore jamais rencontré un tel homme. Pendant que j’étais tirée, je regardais en direction de mon caméraman, qui était également resté incrédule que moi sur le moment. Je ne pus voir la réaction des autres. Ce que je compris, ce fut que personne ne viendrait pour l’instant à ma rescousse. Le caméraman ne parlait pas non plus le chinois et devait être aussi désemparé que moi à cet instant. La traductrice n’avait pas du entendre les paroles du bandit. Je devrais me débrouiller toute seule pour l’instant. Je saisissais aussi que le policier semblait ne plus avoir de doutes puisqu’il ne nous suivit pas. Quel idiot tout de même ! Si j’avais été policière, le premier qui haussait la voix contre moi, je le planquerai par terre. Je n’arrivais pas du tout à comprendre ce manque, ou plutôt cette absence totale de lucidité de la part du policier. Quant à l’agresseur, il s’en sortait plutôt bien pour le moment, ce qui m’enrageait encore plus.
A un coin de rue, une fois que nous étions un peu plus loin, je réussis à lui emboîter enfin le pas. Je n’hésitai donc pas d’user de la seule main qui était disponible pour le pousser. Probablement surpris, il lâcha ma main qu’il tenait fermement depuis quelques secondes. Je le prenais par le col de sa chemise et le plaquai contre le mur. Je n’avais pas beaucoup de force, alors s’il répliquait, je savais parfaitement qu’il prendrait le dessus. C’était simplement histoire de le surprendre à son tour et donc gagner quelques secondes. Je n’étais pas violente alors je n’avais pas l’intention de le frapper. Bien que j’aurais pu. Mais ce n’était pas du tout mon genre. Je le fixai dans les yeux avec un regard meurtrier. C’était pour l’instant le mieux que je pouvais faire. Bien sûr, je le lâchai aussitôt que son dos heurta le mur. Peu m’importait la douleur qu’il ressentirait. Il n’aurait vraiment pas du se frotter à moi. Je n’abandonnais pas aussi rapidement.
- Connard de mes deux ! m’écriai-je tout de suite. Je n’ai vraiment rien contre les fédérés mais toi tu es un vrai petit con ! Après tu t’étonnes que les nationalistes détestent les fédérés et vice-versa. C’est à cause de toute cette haine que ces putains de combats et que ces putains d’attentats sont perpétrés. T’as vraiment rien dans le crâne, toi ! C’est pas comme ça que tout va cesser !
J’étais vraiment plus qu’en colère. Ce pauvre con ne comprenait vraiment rien du tout. Une fois que je finis de parler, je me tus un instant tout en continuant le regarder dans les yeux. Je me doutais qu’il n’avait rien saisi de mes paroles. A moins qu’il simulât le fait qu’il ne parlait pas anglais. En me tirant, le seul mot que j’avais compris, c’était « darling ». Je savais alors, ou du moins je pensais, qu’il me faisait passer pour sa petite amie aux yeux du policier. La supercherie était bien trop grosse pour réussir, et pourtant, cela avait marché. En fait, peu m’importait, j’avais juste besoin de me défouler et de faire sortir cette rage. Si mes mots n’avaient aucun impact, tant pis. J’avais au moins essayé. Une fois que je décidais de le quitter, je commençai à me diriger enfin à nouveau vers mon caméraman. En espérant bien sûr que l’agresseur ne répliqua pas une autre fois. Néanmoins, une partie de mon cerveau me disait que je n’étais pas sortie de l’auberge. Cet homme ne me lâcherait pas aussi facilement. Alors je m’attendais à ce qu’il tentât de faire quelque chose pendant que je marchais, le dos tourné vers lui. Mais quoi ? De cela je n’en avais aucune idée. J’espérais simplement le moment où cela arriverait … »
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Sujet: Re: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 05.08.11 9:44
Se sentir nu comme un ver. Sans arme, sans défense, les griffes coupées, une partie du corps atrophiée de son arme, formidable et inestimable extension de ses bras. L'enragé aurait préféré reculer que de côtoyer une précipitation indésirable, après avoir oublié de surveiller ses arrières. D'habitude, n'y avait-il pas des alliés, chargés d'effectuer cette tâche ? Affaire de solitaire, aucune impasse face a cet esprit farouche et impertinent. Tu n'as peur de rien, aucun faille, aucun faiblesse. Dans ton regard, il faut venir y lire, la rage de vaincre, d'accomplir cette mission, le sacrifice n'est qu'un détail insignifiant. On t'avait promis la paix, si tu accomplissais méthodiquement ton devoir de soldat dévoué à sa nation, aux siens, tu l'as jamais eu. Et au final, tu ne leur dois plus rien, ni soumission, ni dévouement, qu'ils s'entretuent, cela ne t'affectera pas.
Devant cette femme, tu ne plieras point, avec la ferme intention, de montrer qui domine sur cette terre. Autour de toi, tu les vois faibles et méprisables, tous sans distinction. Regarde les. Fuir, baisser la tête et admirer le béton froid et humide. Aucun ne réagit, ne proteste. Un climat de terreur s'est installé et commande à leur personne de rester en retrait, de ne pas sacrifier bêtement leur vie pour protéger deux inconnus devant un fédéraliste hargneux. C'était quelque chose de tout à fait anodin, peut être l'avaient-ils mérité, après tout, les unis n'étaient pas les bienvenus. Même les autorités légales, t'écoutent et ne se méfient de rien. Ils te dégoutent tous, ces moutons, ces inutiles, certains accablés par un excès de richesse vomissant, tu ne compte pas t'éterniser sur le sujet, le policier bat en retraite, pendant que tu t'éloignes, innocemment. Les yeux vicieux contemplent la jeune femme, lui sourit à grandes dents, d'un air candide et insolent. La frustration, l'énervement qui s'en émane, enivre ton épiderme à son contact, si proche, trop proche. Même sans arme, tu te sens imbattable, écrasant contre cette foule passive. Encore une victoire que tu savoures avec complaisance, foutu terroriste.
Tu pourrais continuer de te moquer. Éprouver un soupçon de pitié envers cette charmante personne. Tu ignores sa signification, l'intérêt de donner et de recevoir en retour. Depuis des années, tu n'attends rien des autres, tu prends, tu arraches sans distinction ces vies éphémères et cela te paraît suffisant pour vivre. Ton esprit instable tente de se raccrocher à la réalité. Le folie qui bat dans tes veines, tiraille tes tempes, t'empêche de conserver une part de discernement et de clarté. Mais le drogué, l'imbécile que tu es, n'a jamais eu besoin d'être attentif à son entourage, d'apprécier les sages conseils, juste obsédé par ses choix totalement égoïstes et déplorables. Tu es détestable et pour tout gâcher, tu t'en moques. Ce qu'on pense de toi, le regard porté sur toi, ne t'effleure plus. Malgré l'abattement, tu refuses de t'y noyer, soulevant vent et marrée afin d'échapper à ses bras t'enlaçant, la vie à un goût particulier que tu ne peux pas décrire avec des mots.
Comment parviens-tu as rester joyeux et inconscient dans cette situation ? As-tu seulement idée de ce qui se trame autour de toi ? C'est vrai, sur l'instant, tu as l'impression d'être le centre du monde, l'objet sur lequel, il faut s'arrêter et poser les yeux. C'est la manière de vivre que tu as choisie, en introduisant en guise de couverture, les idéaux des fédérés. Bien entendu, l'objectif, tu ne l'oublies pas, même si le doute plane. Combien de temps encore joueras-tu avec cette unie ? Qu'as tu l'intention de faire ? Encore un regard posé sur son visage délicat, son désarroi tu le savoures, c'est terriblement excitant, tu ne t'en lasses pas. Elle a surement des regrets de s'être aventurée jusqu'ici à présent. Jusqu'où pousseras-tu le vice, pour la voir tomber et implorer, supplier de la laisser partir en paix ? Assez. Rien que d'imaginer cette scène ridicule, te fatigue déjà.
L'étreinte se rompit. La chaleur de cette peau collée contre la tienne se dissipa. Comme si tu avais pris goût, lorsque tu t'en défis, ce ne fut pas sans regret, surement parce qu'il était devenu exceptionnel et différent de tous ceux que tu côtoyais déjà : brutaux, sans délicatesse. La suite fut prévisible. Son geste ne te troubla pas. Au contraire, cela accentua ton hilarité mal refoulée, le sourire arrogant qui débordait de tes lèvres la provoquait sans retenue. Tu aimais sa réaction, tu t'en délectais sournoisement. En règle générale, personne n'osait t'approcher, te brusquer, par peur de représailles tellement expéditives. L'ignorance de cette personne devant ton identité, son attitude révoltée, cette résistance qu'elle émettait suscitait en toi, des sentiments contradictoires et malsains. Tu avais allumé la mèche et continuait de voir le feu s'embraser, tout détruire sur son passage.
Elle cria. En effet, tu n'avais rien compris, rien appris. Tu prétendais déjà savoir trop de choses, beaucoup de choses contraignantes, blessantes. Aucun échange entre vous deux n'aurait été possible, réalisable. La guerre à toujours existé, avant ta naissance, la sienne. La haine a toujours vécu et habité le cœur des hommes. Tant qu'il y aura des hommes en vie, il y aura de la violence, de la haine et des combats. Tu as marché si longtemps dans les ténèbres que remonter vers la lumière est une manœuvre irréalisable Persuadé, qu'un petit geste de sa part, ne changera rien si on ne le suit pas. Devant ses phrases, une naïveté que tu aurais dénonce sévèrement et sans conciliation, tu conserves le silence. Il parle pour toi. Vos regards se confrontent. Devenu secondaire, vous avez oublié l'espace d'un instant, l'attentat qui s'était produit dans cette ville. Tu ne bouge pas d'un millimètre et constate tardivement, que tu la dépasses d'un tête, tout en étant perdu dans le vert de ses yeux...
Elle recula et t'abandonna, rejoignant son monde, te laissant dans le tiens. Rien ne change, ne s'améliore et surtout pas en ta compagnie. Tes membres se relâchent, tu te laisses glisser jusqu'à terre, l'esprit vagabond. La pluie alors recommence à tomber. Elle a un côté bienfaisant, une façon de t'apaiser. Tu regardais la chevelure blonde s'éloigner progressivement à grand pas. Il est vrai, tu aurais pu revenir à l'assaut, mais la barrière linguistique empêchait de vous lier, en plus, le manque de conviction intensifiait ton absence de bonne volonté. Les affaires devaient reprendre, alors tu te relevas, épousseta ton pantalon puis courut dans sa direction. Sans oublier que ton autre chaussure errait malheureuse sur un trottoir. Tu n'allais quand même pas l'abandonner et risquer de te promener sans.
Le cameraman était de nouveau sur pied, plutôt chamboulé. Il semblait que quelques personnes,-qui plus est des nationalistes- aient daigné lui porter un minimum de soutien. Alors qu'il parlait, il s'arrêta en te voyant revenir, les yeux écarquillés. Les autres aussi virent son geste. Stoïque tu les ignoras et récupéras ton autre chaussure qui avait servie précédemment de projectile. Feignant toujours l'indifférence comme un roi, tu ouvris ton parapluie et vit que la blonde se rapprochait. Sans hésitation, tu marchas vers elle, puis t'arrêtas au niveau de son épaule, l'air décontracté. Ta voix s'éleva posée, mais trahit par un sourire carnassier.
« Le Lao Yin Chi a un oeil sur toi à présent. »
La défaite est étrangère. Tu n'abandonnerais pas.
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Sujet: Re: Si les péchés faisaient souffrir...[Rose][Terminé] 05.08.11 13:58
« Je marchais toujours et encore, plus qu’en colère. J’espérais que cet homme ne me suivrait pas et me laisserait tranquille. Moi, tout comme mes collègues. D’ailleurs, ces derniers avaient eu un comportement que je ne pouvais supporter ni accepter. Ma colère leur tomberait dessus rapidement, j’en étais sûre et certaine. Alors que je me dirigeai vers le caméraman, je remarquai qu’ils étaient près de lui et qu’ils se parlaient. Comment osaient-ils ? Après ce qu’ils avaient fait. Je les trouvai tout d’un coup si hypocrites. Or je déteste les personnes de ce genre plus que tout. Je soupirai de colère tout en me rapprochant du groupe. Je ne pensais même plus à cet idiot dont je ne connaissais même pas le nom. J’étais distraite le concernant, ce qui n’était pas du tout une bonne idée. Il pouvait à tout moment surgir et me saisir par le bras ou par l’épaule. En tout cas, je n’étais plus qu’à quelques mètres de mes collègues avec les yeux plissés et les traits du visage dessinés par ma colère. La pluie se mit alors à tomber à nouveau, ce qui n’arrangea pas du tout mon humeur. Pour l’instant, je devrais mettre le travail de côté. Mais bon, de toute façon, je ne pensais que je pouvais me lancer dans de nouvelles recherches dans cet état-là. Et surtout avec de tels collègues.
J’arrivai enfin parmi eux. Tous s’excusaient et plaignaient mon ami. De mon côté, je leur lançais des regards meurtriers mais je ne savais pas s’ils en tenaient compte ou pas, ou si tout simplement ils ne les voyaient pas. Je me permis de me faufiler parmi eux en les poussant pour rejoindre mon ami. Je souriais amicalement, il était le seul pour qui cette colère n’existait pas. Je lui posais une main sur l’épaule et le rassurai. Après tout, après son agression, il m’avait vue disparaître avec cet inconnu. J’allais bien. Lui également. C’était le plus important pour le moment. Je décidai de ne plus me préoccuper du monde extérieur et surtout de ceux qui m’avaient déçue. Comme si je rentrai dans mon propre monde et rien d’autre ne m’intéressait. Je choisissais aussi les personnes qui pouvaient y rentrer tout comme moi, ou non. Cela n’était pas le cas des collègues mais au contraire celui du caméraman. Néanmoins, très rapidement j’aperçus le regard de ce dernier qui changea à nouveau. Il devint encore une fois préoccupé et inquiet. Quand je tournai la tête, je vis l’homme qui s’était rapproché de nous. Tout d’un coup, mon sourire disparut et laissa la place aux yeux meurtriers, rivés sur ce dernier. Je ressemblai presque à une lionne qui était prête à bondir sur sa proie pour protéger ses petits lionceaux. Je m’en croyais vraiment capable.
Il n’en fut rien. L’homme ne fit rien, à part remettre la chaussure dont il s’était servie pour agresser mon ami. Encore une fois, je me dis qu’il avait beaucoup de culot cet homme. Un sale caractère également. Il ne me plaisait vraiment pas du tout. Sinon, j’étais vraiment aux aguets et je surveillais tous ses faits et gestes, au cas où si l’idée le reprenait de nous agresser. Il pouvait très bien être sournois et faire semblant de s’occuper avant de nous attaquer une nouvelle fois. Quand il se leva, je le vis se diriger vers nous alors je me mis à aller dans sa direction. Il s’arrêta un instant et me parla sur un ton que je n’appréciais pas du tout, tout comme ce sourire qui me fit presque frissonner. Ce que j’entendis me surprit tout de suite. Je ne parlais pas chinois alors je ne compris que « Lao Yin Chi ». Le nom de ce groupe terroriste n’était pas inconnu des Unis puisque leurs membres visaient justement à éradiquer le plus possible d’Unis. Beaucoup pensaient qu’ils avaient provoqué cet attentat mais personne n’avait de preuves puisqu’ils ne l’avaient pas revendiqué. En tout cas, tout ce que je savais d’eux, c’était simplement les quelques rumeurs entendues dans les médias ou lues dans la presse, tout comme les attentats qu’ils avaient perpétrés. La pire espèce humaine selon certains. Même pire que les fanatiques. En tout cas, je me retournai pour le regarder avec des yeux bien plus que surpris quand j’aperçus la traductrice et les fédérés avec des visages plus que livides. Visiblement, prononcer le nom des terroristes n’était pas bon signe en Fédération d’Asie. De mon côté, je laissai l’homme partir tranquillement puisque je ne voulais pas embraser encore son désir de nuire. Eviter la violence était mon but prioritaire.
La traductrice me révéla enfin les mots de ce dernier. Je ne fus pas autant effrayée car ce n’était plus dans l’ambiance. Je fus moins préoccupée. J’étais simplement pensive. Je voulais en savoir plus sur le Lao Yin Chi et sur cet homme. Désormais, j’étais sûre et certaine qu’il faisait parti de ce groupe. Cela ne m’aurait pas étonné. Malgré la menace, celle-ci ne m’avait pas affectée. Non pas que je doutais que cet homme – ou ses camarades – me laisserait tranquille mais je n’allais tout de même pas devenir paranoïaque à cause de cela. Ce n’était pas dans mes habitudes. Je continuerai à vivre normalement sans me préoccuper de cet incident. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réservera. En tout cas, la pluie avait recommencé à tomber et je décidai de terminer le travail sur le terrain pour la journée. J’en parlais au caméraman et les autres m’entendirent. Mais je ne fis pas attention à eux. Je rentrai avec eux à l’hôtel et dès que j’étais dans ma chambre, je prenais mon ordinateur et l’allumai. Je n’allais pas écrire pour faire un article. Je ferai des recherches sur ce groupe terroriste. J’en savais que peu et ma nouvelle enquête me servirait très certainement pour de nouveaux futurs articles. Je désirai tout connaître et j’étais prête à passer beaucoup de temps dessus. Je notai tout ce que j’estimai être intéressant car beaucoup de choses étaient dénuées de sens. Concernant les images, il n’y en avait pas des masses. Après plusieurs bonnes heures de recherches infructueuses, je découvris enfin la bonne image. C’était lui. Je souriais car j’en étais sûre. Je l’aurais pariée. Jackpot ! Désormais je savais qui était celui qui nous avait agressés. C’était Feng Dian, le leader du Lao Yin Chi en personne. »
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